Arrêté en 1912, Victor Serge passe cinq années, mille huit cent vingt-cinq jours, en prison. Classé « bandit » anarchiste, « [il] n’étai[t] plus un homme, mais un homme dans la prison. Un détenu. » Avec une grande précision introspective, dans une langue précise, lucide et raffinée, il décrit son long enfermement. Ainsi, passé par le Dépôt de la Conciergerie, il explique : « On donnait autrefois la question dans les caves de cette même tour. Aujourd'hui, on bertillonne en haut. C'est l'escalier du progrès. »
Lorsque la guerre civile éclate, en 1936, María Sesé Sarvisé a 14 ans. À plus de 90 ans, elle décide de raconter son enfance à Angües, village d’Aragon où elle est née et a grandi, la révolution et la collectivisation, puis les routes de l’exil.
L’historien Philippe Artières propose « une approche de longue durée » du Larzac, depuis les premiers peuplements, le développement de l’industrie du cuir et du Roquefort, et les camps d’enferment successifs. Il souhaite « montrer en quoi le Larzac […] est un laboratoire où se sont inventées des vies collectives qui ont fait interagir des humains, des animaux et des végétaux, mais aussi des objets et des gestes ».
David Graeber cherche à comprendre « l'étrange attrait qu’exerce le populisme de droite sur de larges pans de la classe ouvrière américaine » en appliquant à cette question « les concepts assez techniques de la théorie de la valeur ».