Pour quoi faire ?

31 juillet 2026

MADONES & MÉDÉES

Pédopsychiatre en périnatalité, Elsa reçoit en consultation des femmes confrontées aux injonctions de la société sur leur maternité. Elles souffrent de dépression post-partum, de deuil, de burn-out parental,… et se confient. À son tour, elle se retrouve dans une situation que son travail et ses perspectives de carrière l’empêchent d’appréhender sereinement. « Les femmes sont-elles condamnées à être des Madones ou des Médées ? »
Les scènes de consultation permettent d’appréhender différentes formes de détresse. « On ne devient pas mère en quelques mois, c’est ça qui est dur. » « Les mères, elles sont seules, en fait, et on les enferme, entre des murs, dans des cases, on ne les écoute pas. » « Quand on perd son mari, on est veuve, quand on perd ses parents, on est orphelin, mais quand on perd son enfant, il n’y a pas de mot… »
On découvre aussi le quotidien du service, avec son stress permanent, son manque de personnel récurent, le soutien et les tensions entre ses membres.


Mathilde Ramadier s’est librement inspirée du parcours professionnel de Laure Woestelandt pour ce scénario. Quant à Maurane Mazars, elle a su associer et réserver deux couleurs à chaque scène, pour rendre plus fluide la lecture en marquant les ruptures entre elles et reliant visuellement les épisodes consacrés à chacun des personnages par une ambiance chromatique dédiée.
Démontrant que les cordonniers sont les plus mal chaussés, cet ensemble de récits en bandes dessinées, désacralise la maternité et met en lumière, avec beaucoup de finesse, les tabous qui pèsent sur celle-ci, l’idéalisation qui l’entoure, interdisant certaines paroles, nourrissant beaucoup de souffrances. Un album d’utilité publique.

Ernest London
Le bibliothécaire-armurier

MADONES & MÉDÉES
Figures imposées de la maternité
Récit de Mathilde Ramadier et Laure Woestelandt. Dessin de Maurane Mazars
128 pages – 21 euros
Éditions Futuropolis – Paris – Octobre 2025
www.futuropolis.fr/9782754845182/madones-et-medees.html


De Mathilde Ramadier : 

LA BELLE DE MAI

CORPS PUBLIC

 



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