5 avril 2018

LA TECHNOCRATIE EN MARCHE !

Entre les deux tours des présidentielles, Albin Serviant, une des « têtes de pont » de Macron à Londres, animateur local de la French Tech, déclare dans un article publié par Le Monde du 4 mai 2017 : « Si la France connaît un tel niveau d’extrémisme, c’est que certains veulent le chaos. Ils se disent : J’ai loupé le train, autant mettre le bordel. » Matthieu Amiech lui répond avec fougue, fermeté et virulence.
Il explique cette incapacité des nouvelles élites du capitalisme avancé à comprendre ceux qui ne leur ressemblent pas, enclavées dans leurs multiples « réseaux ».
 

Depuis deux siècles, les innovations se succèdent à vitesse croissante, stimulant la grande industrie. L’économiste Joseph Schumpeter les nommait « destructions créatrices ». Toujours et partout, la dévastation de la désindustrialisation suit les dégâts de l’industrialisation. « Le changement technique tel que la concurrence capitaliste le stimule et tel que les États et les universités le programment a toujours joué un rôle dans la déstabilisation des classes populaires, dans le déclenchement des errances migratoires, dans la destruction des cultures de métiers. » Les nouvelles technologies, depuis les années 70, accélèrent encore la « mise au chômage massive et durable de pans entiers de la population mondiale ». Les nouveaux procédés technologiques favorisent l’automatisation du monde du travail, la robotisation de nos vies quotidiennes, créant « des poches de prospérité artificielles dopées » au beau milieu de déserts. Si les critiques ciblent souvent Wall Street et le CAC 40, elles épargnent bien souvent la Sillicon Valley et la French Tech alors que les deux sont liés.

Matthieu Amiech dénonce la domination des technocrates dont Emmanuel Macron n’est que l’exécuteur en chef du moment, dont le "charisme" va « convaincre les gens que ses solutions pour l’économie sont faites pour eux » (dixit Serviant dans l’article du Monde), faire adhérer les Français à leur propre dépossession. La « prise d’otage antifasciste » que constitue le second tour de l’élection présidentielle est désormais au point, « une vraie technique de coup d’État permanent ! ». Il insiste sur la nécessité de faire apparaître la technologie comme ce quelle est : « un moyen décisif de domination, d’exploitation, de perte de pouvoir sur sa vie », ce qui n’est clair que pour peu de monde jusqu’à présent. Il remercie Albin Serviant pour sa franchise et son arrogance naturelles qui contribuent finalement à convaincre qu’il faut absolument arrêter son « maudit train ».

Percutant et efficace.





LA TECHNOCRATIE EN MARCHE !
Lettre ouverte à monsieur Albin Serviant
Matthieu Amiech
34 pages – 3 euros
Éditions Le Monde à l’envers – Grenoble – Octobre 2017

http://www.lemondealenvers.lautre.net/catalogue.html
Texte initialement publié, en mai 2017, sur le site http://hors-solherbesfolles.org

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