1 octobre 2020

L’ÉCHEC DE LA NON-VIOLENCE

Explorant la plupart des mouvements sociaux à travers le monde, du printemps arabe à Occupy, Peter Gelderloos montre comment les campagnes non-violentes ont contribué aux « ravalements de façade de divers régimes répressifs » et permis aux forces de l’ordre de « restreindre l’extension des mouvements de révolte sociale ». Confrontés à de vives critiques, leurs partisans, non seulement refusent de se nourrirent de leurs défaites, mais entretiennent la désinformation et enracinent la non-violence dans la culture populaire grâce au soutien des médias de masse, des universités, des gouvernements, celle-ci devenant « de plus en plus extérieure aux mouvements sociaux tout en s’imposant à eux ». Faisant ainsi apparaître les faiblesses de la non-violence, il argumente pour une « pluralité des tactiques », « la reconnaissance d’une coexistence de différentes méthodes de lutte », car « nous avons besoin de luttes sociales bien plus fortes si nous voulons vaincre l’État, le capitalisme, le patriarcat qui nous oppriment et nous exploitent, pour créer un monde fondé sur l’entraide, la solidarité, la libre association, sur des relations saines entre nous et avec la Terre. »

28 septembre 2020

KEN STATE - Quatre morts dans l’Ohio

Le 4 mai 1970, la Garde nationale tire sur un rassemblement étudiant contre la guerre du Vietnam sur le campus de l’université de Kent State, dans l’Ohio : quatre morts, neuf blessés graves. Derf Backderf brosse leurs portraits et raconte méticuleusement le tragique enchaînement des événements.

27 septembre 2020

FAIRE SAUTER LA BANQUE - Le rôle de la finance dans le désastre écologique

Après dix années passées entre grandes écoles et trading à haute fréquence, Jérémy Désir-Weber démissionne avec fracas de son poste de cadre, dans le département des risques du marché, au siège mondiale de HSBC, au coeur de la City de Londres. Il livre son témoignage pour raconter la « genèse d’une révolte », son parcours, sa prise de conscience graduelle, notamment écologique, à notre époque « où s’abstenir de choisir, c’est encore choisir ». Il refuse désormais de contribuer à « ce que Riesel et Semprun appelaient l’administration du désastre et la soumission durable ». Radicalement.

23 septembre 2020

FRANTZ FANON

En août 1961, Frantz Fanon rencontre Jean-Paul Sartre, en compagnie de Simone de Beauvoir et de Claude Lanzmann. Ces trois journées d’intense discussion servent de prétexte à cette biographie dessinée. Fanon revient sur son parcours de psychiatre, son engagement dans la guerre d’indépendance algérienne et les luttes anticoloniales en général, deux sujets extrêmement liés. Plongée en image au coeur de sa pensée.

21 septembre 2020

LA MACHINE S’ARRÊTE

Avec cette nouvelle d’anticipation, écrite en 1909, E.M. Forster
(1879-1970) décrit une société dans laquelle tous les besoins, physiques comme sociaux, sont désormais satisfaits par la Machine. La surface de la Terre, n’étant plus que « poussière et boue », chacun vit désormais cloitré dans sa chambre, enterrée quelque part. La civilisation antérieure utilisait « le système pour amener les gens aux choses, au lieu d’amener les choses aux gens ». « Les hommes partaient pour changer d’air plutôt que de changer l’air de leur chambre. » « Ni le jour ni la nuit, ni le vent ni la tempête, ni les marées ni les tremblements de terre n’entravaient l’homme à présent. Il avait attelé le Léviathan. Toute l’ancienne littérature, avec son éloge et sa crainte de la Nature, sonnait aussi faux que le babil d’un enfant. » Un jour, pourtant, il semble que la Machine commence à s’arrêter.

17 septembre 2020

FAUT-IL EN FINIR AVEC LA CIVILISATION ? - Primitivisme et effondrement

Et si la parabole du péché originel qui nous chassa du jardin d’abondance, représentait le passage d’une vie nomade de chasse et de cueillette à une économie agricole qui nous contraint, depuis, à « gagner notre pain à la sueur de notre front » ? C’est la thèse que défendent certains primitivistes, accusant la révolution néolithique d’être à l’origine de la crise écologique et de toutes les oppressions. Pierre Madelin, avec son sens aigu de la synthèse, déconstruit ces théories, avec cependant beaucoup de nuance, leur reconnaissant parfois de grandes pertinences anthropologiques et historiques.

15 septembre 2020

LE TRÈSOR DE LUCIO

Lucio Urtubia Jiménez, disparu cet été, raconte sa très romanesque vie, depuis son enfance en Navarre, ses premières « expropriations » et son exil en France, les braquage de banque pour soutenir la lutte contre le fascisme et l’incroyable arnaque aux chèques de voyage qui mit à genoux la First National City Bank.

13 septembre 2020

LA PART COMMUNE - Critique de la propriété privée

Après avoir éclairé la naissance théorique de la propriété privée par l’exposition des fondements historiques de l’approche propriétaire et débusqué les incohérences de celle-ci, Pierre Crétois déconstruit la vision hégémonique de la propriété privée comme élément fondateur de nos sociétés et droit naturel le plus crucial. Il essaye de dégager une conception originale et novatrice des règles de propriété et démontre qu’il y a toujours une part commune dans ce qui est à chacun.

8 septembre 2020

CURSUS FIN DU MONDE

Apocalypse, tel est le thème d’une soirée déguisée organisée par deux étudiantes pour fêter la fin de l’année scolaire. À côté des inévitables zombies, un biologiste arrive, rongé par la peste bubonique qu’il suppose surgie de la fonte du permafrost, un autre en machine, avec « des poumons artificiels pour la pollution », résulta d’une fusion transhumaniste, un autre en lobbyiste de Monsanto.

7 septembre 2020

LE RAVISSEMENT DE DARWIN - Le langage des plantes

Carla Hustak, enseignante en technosciences à l’université de Toronto, et Natasha Myers, anthropologue à l’université de York, inscrivent leurs recherches dans le domaine de la biologie de l’involution, initiée par Lynn Margulis, étudiant les relations entre les espèces.

5 septembre 2020

HOMMAGE AU ROJAVA - Les Combattants internationalistes témoignent

« Nous étions des gens ordinaires, pas plus fous ou courageux que les autres. À un moment de notre vie, nous avons choisi de tout quitter, lucidement et sans fanatisme, pour combattre aux côtés des populations du Kurdistan syrien. » Recueil de témoignages de vingt-deux combattants internationalistes ayant rejoint les unités YPG/YPJ au Rojava pour affronter Daech ou l’armée turque.
Ils racontent leurs motivations, leur périple pour rejoindre la région, leur apprentissage, leur quotidien, avec les combats ou au contraire l’attente interminable, leurs compagnons, leur difficile retour dans les « sociétés endormies ».

3 septembre 2020

LA RÉVOLTE DES GILETS JAUNES - Histoire d’une lutte de classes

Des blocages aux émeutes, des occupations de ronds-points aux assemblées populaires, des appels à  l’unité avec les forces de l’ordre au combat contre la répression, de l’emballement insurrectionnel à la lutte au long cours, séquence après séquence, le collectif Ahou ahou ahou livre une histoire du mouvement des Gilets jaunes, de novembre 2018 au printemps 2019. Dubitatifs au départ, les quatre auteur de ce livre ont rapidement rejoint cette « rupture soudaine de l’ordre du mode », « l’irruption du “débordement“ ». « Bien sûr, au début, comme beaucoup « à gauche », nous avons fait les pisse-vinaigre, nous nous sommes un peu pincé le nez, nous avons dénigré le « poujadisme » réactualisé. Mais bien vite il nous a fallu admettre que ce mouvement semblait abattre (et, souvent, avait déjà abattu) bien des murs que nous aspirions à démolir en vain depuis longtemps. » Ils portent un regard autant rétrospectif qu’introspectif sur ce mouvements hors norme qui défia l’analyse en même temps que le pouvoir.

1 septembre 2020

LE REVENU GARANTI : UNE UTOPIE LIBÉRALE

Après ÉGOLOGIE : Écologie, individualisme et course au bonheur, paru en 2017 chez le même éditeur, Aude Vidal poursuit son « analyse de l’imprégnation des idées libérales en milieu militant ». Elle s’attaque ici à la revendication de revenu garanti quelque soit sa forme et son intitulé (revenu de base, revenu d’autonomie, dotation inconditionnelle d’autonomie, revenu inconditionnel,…).

31 août 2020

LE SANG DES NÈGRES : Mai 1967 à la Guadeloupe, le dernier massacre de la Ve République

Le 26 mai 1967, une manifestation d’ouvriers du bâtiment en grève est réprimée dans le sang, sur la place de la Victoire à Pointe-à-Pitre. Il faudra attendre 1985 pour qu’un secrétaire d’État reconnaisse la responsabilité de l’État, pour tenter de calmer les indépendantistes guadeloupéens, avouant le nombre de quatre-vingt-sept morts. Xavier-Marie Bonnot et François-Xavier Guillerm, également coauteurs du documentaire Mai 1967, un massacre oublié, enquêtent.

30 août 2020

RACE

Recourir, même de manière critique, au mot race, est désormais sujet au discrédit, suspect de racisme, tandis que prospère dans l‘indifférence quasi générale les discours racialisants. La sociologue Sarah Mazouz en défend l’usage critique, moyen selon elle de saisir les actualisations contemporaines de l’assignation raciale, de les désigner comme telles et de les déjouer.

28 août 2020

BLUES POUR L’HOMME BLANC

Pièce inédite de James Baldwin inspirée du meurtre d’un adolescent Noir de 14 ans dans le Mississippi et de l’impunité qui suivit.

27 août 2020

DE SÈVE ET DE SANG

En 1997, Julia Hill grimpe à 55 mètres de hauteur, sur un séquoia séculaire du nord de la Californie, baptisé Luna, dans le cadre d’une action de blocage destinée à empêcher Pacific Lumber de procéder à une nouvelle coupe à blanc. Elle raconte les tempêtes auxquelles elle dut faire face, notamment celle d’El Niño, le harcèlement des hélicoptères, l’épandage de napalm et le siège des agents de sécurité de l’entreprise.

26 août 2020

LA CAUSE DES PAUVRES EN FRANCE

Dans les années 1950, émerge un nouveau rapport aux pauvres et à la pauvreté, sous la forme d’une cause, c’est-à-dire « la volonté proclamée par divers acteurs et groupes mobilisés de réparer l’injustice faite à un groupe social en portant à la reconnaissance publique son existence jusqu’alors ignorée ou sous estimée ». Cet « espace de la cause des pauvres » est caractérisé par son élargissement continu et des reconfigurations fréquentes que Frédéric Viguier s’efforce de mettre en lumière, en même temps que ses différents « avocats ». Il montre comment la question de la pauvreté s’est « atomisée de celle des inégalités dont elle est le produit », alors qu’étant inextricablement liés à la structure sociale qui les provoque, les phénomènes de pauvreté ne peuvent être isolés du systèmes des inégalités.

20 août 2020

GUÉRIR DU MAL DE L’INFINI

Yves-Marie Abraham, professeur de sociologie à HEC Montréal, entreprend une synthèse critique des théories de la croissance et de celles de la décroissance qui commencent à se diffuser sous différentes formes. Il débroussaille ainsi un chemin pour une transition depuis un monde organisé autour de l’entreprise vers un monde des communs, nous rapprochant de la liberté et de l’égalité promises. Outre des clés de compréhension, il offre des pistes de stratégie pour sortir d’un monde destructeur, injuste et aliénant.

6 août 2020

DES OMBRES À L’AUBE - Un massacre d’Apaches et la violence de l’histoire

Karl Jacoby, professeur d’histoire à l’Université Columbia, enquête sur l’assassinat, pendant leur sommeil, de plus de cent quarante Apaches, en majorité des femmes et des enfants, à l’aube du 30 avril 1871, dans le canyon d’Aravaipa, situé à quatre-vingt-dix kilomètres de Tucson, en Arizona, connu sous le nom de Massacre de Camp Grant. Il juxtapose quatre récits, correspondant aux quatre communautés impliquées, et la mémoire que chacune en a conservée. Confronté à un ensemble de discours interprétatifs différents, il interroge les raisons profondes de la violence dans l’Ouest américain. « L’apparente inéluctabilité de l’histoire de l’Ouest – la Destinée manifeste (Manifest Destiny), l’expansion nationale américaine, la dépossession territoriale et la soumission des indiens – nous ont longtemps désensibilisés à la fois vis-à-vis de la violence et des autres spécificités de la région. Dès lors que l’on commence à penser l’Ouest non plus seulement comme l’ « Ouest » – c’est-à-dire la portion du territoire américain située au-delà du Mississippi – mais comme l’extension du Nord du Mexique et la terre natale d’un réseau complexe de communautés indiennes, nous permettons à différents scénarios concernant cet espace d’émerger. »

2 août 2020

IDÉES POUR RETARDER LA FIN DU MONDE

Ailton Krenak appartient au peuple Krenak dont le territoire se situe dans la vallée du Rio Doce, dans l’État du Minas Gerais, au Sud-Est du Brésil, et dont l’environnement est affecté par les extractions minières. À la fin des années 1980, il participe à la création de l’Union des nations indigènes, milite et organise l’Alliance des peuples de la forêt. Il interroge ici l’ « idée d’humanité » construite au long de « ces deux ou trois mille ans » : « La colonisation du monde par l’homme blanc européen a largement été guidée par le principe qu’une humanité éclairée devait aller à la rencontre d’une humanité, restée dans l’obscurité sauvage, pour l’irradier de ses lumières. Cette aspiration au coeur de la civilisation européenne a toujours été justifiée par le postulat qu’il n’existe qu’une manière d’être ici sur la Terre, une certaine vérité, ou une conception de la vérité, censée guider la plupart des choix effectués à différentes périodes de l’histoire. »

30 juillet 2020

LE PEUPLE DU CHEMIN


Dakoba, « l’enfant du ventre de la grande forêt » et sa petite soeur Loca échappent au massacre des membres de sa tribu isolée au coeur de l’Amazonie, où leur présence contrariait le chantier d’une route et d’un projet d’extraction pétrolière.

28 juillet 2020

L’ÉTAT FRANÇAIS ET LE GÉNOCIDE DES TUTSIS AU RWANDA

« L’État français a, par pur cynisme, choisi le camp qui lui apparaissait le plus à même de maintenir le Rwanda dans sa zone d’influence. » Raphaël Doridant et François Graner reprennent tous les éléments constitutifs de la complicité française rassemblés et analysés depuis 25 ans. Diplomatique, militaire, financière, médiatique, celle-ci remonte à la préparation du génocide, s’est poursuivie pendant et après. Idéologique même, puisque les responsables politiques et militaires français ont largement répandu la propagande hutue, la négation du génocide et celle de leur propre rôle.

26 juillet 2020

PETITE HISTOIRE DU GRAND TEXAS

Exercice de vulgarisation historico-comique en bandes dessinées : l’histoire des États-Unis racontés par Mohammed ben Youssef et par le seul prisme de l’État du Texas, depuis la colonisation (la « première guerre bactériologique »), les guerres avec le Mexique, l’annexion, la guerre de Sécession, jusqu’aux années récentes avec les présidents texans (Lyndon Johnson puis Bush père et fils), et même un peu plus loin.

23 juillet 2020

L’OBSOLESCENCE DE L’HOMME

Nous ne sommes pas de taille à nous mesurer à la perfection de nos produits, ce que nous produisons excède notre capacité de représentation et notre responsabilité, nous ne croyons que ce qu’on nous autorise à croire, telles sont les trois thèses développées pas Günther Anders dans cette critique de la technique, au risque de passer pour un réactionnaire et d’être accusé de saboter le progrès.

19 juillet 2020

LA FABRIQUE DE L’OPINION PUBLIQUE - La Politique économique des médias américains

Disséquant le discours médiatique sur la politique américaine, Noam Chomsky et Edward S. Herman analysent le système d’information aux États-Unis. Des années d’études du fonctionnement des médias les ont convaincus que ceux-ci ont mobilisé l’opinion « au service des intérêts particuliers qui dominent l’État et l’activité privée ». Ils élaborent alors leur théorie du « modèle de propagande » et la valident par la lecture critique des élections au Salvador, au Guatemala et au Nicaragua, du complot contre le pape par la prétendue « filière bulgare » et enfin, des guerres d’Indochine.

1 juillet 2020

LA RÉVOLTE DES CIOMPI Un soulèvement prolétarien à Florence au XVIe siècle

En 1378, la révolte des plus pauvres des ouvriers de l’industrie de la laine à Florence, les Ciompi, menace l’édifice social du capitalisme naissant. Les croyant capables de tout, la bourgeoisie déploya une violence répressive pour les réduire à rien. Dans ses Histoires florentines, Machiavel relate ces évènements dans lesquels Simone Weil verra « l’ainée des insurrections prolétariennes ».

30 juin 2020

DÉMOCRATIE

La décennie commencée avec les révolutions du Printemps arabe, s’achève « par un embrasement à la géographie éclatée », touchant tous les régimes politiques, autour d’une demande de justice sociale et d’une contestation des élites dirigeante dénoncées comme une oligarchie ne servant pas les intérêts des citoyens. Partout, les manifestants réclament la démocratie, une démocratie réelle, contestent le modèle de la démocratie libérale. Samuel Hayat, chercheur en science politique au CNRS, interroge le bien fondé de l’utilisation du terme démocratie par les régimes qui le monopolisent pour légitimer leur pouvoir, les puissances européennes qui se livraient à l’horreur de l’entreprise coloniale et les États-Unis qui pratiquaient l’esclavage puis la ségrégation raciale. Une partie des élites politiques considèrent préférable de continuer à décider seules au prétexte de la technicité supposée trop grande des questions politiques. À l’opposé, le « principe démocratie » correspond aux revendications d’autonomie des citoyens et à la capacité collective à s’organiser, à prendre directement les décisions. Ainsi, un profond sentiment de trahison des classes populaires par l’État justifie leur révolte au nom d’une conception sociale de la démocratie.

25 juin 2020

HOMMES DE MAÏS, COEURS DE BRAISE - Cultures indiennes en rébellion au Mexique

Après 1994, la rébellion zapatiste a éveillé et inspiré les consciences bien au-delà du Chiapas, trouvant un écho dans le mouvement anti-mondialisation, de Seattle à Gênes, mais aussi dans les autres communautés indigènes du Mexique. Georges Lapierre, Joani Hocquenghem et d’autres, sont allés à la rencontre de celle-ci pour comprendre leur lutte pour leurs cultures et, au-delà, pour l'autonomie.

22 juin 2020

ÉDITOCRATES SOUS PERFUSION - Les aides publiques à la presse trente ans de gabegie

Alors que « la presse française dominante » publie régulièrement exhortations à « réduire la dépense publique » et anathèmes contre « la France des assistés », elle est depuis trente ans littéralement gavée de millions d’euros annuels d’aides publiques qui peuvent représenter jusqu’à 12% du chiffre d’affaire de certains titres. Sébastien Fontenelle a enquêté, notamment à partir des nombreux rapports parlementaires mettant en lumière cette « gabegie », et dénonce la « gigantesque hypocrisie des fabricants de consentement » : l’impôt finance la « confection d’une propagande journalistique dédiée à la stigmatisation maniaque d’une mauvaise gestion de l’impôt ».

19 juin 2020

SOUS L’OEIL DES CAMÉRAS - Contre la vidéosurveillance à Grenoble

Longtemps épargnée par la vidéosurveillance, Grenoble est équipée à partir de janvier 2010 par la municipalité socialiste de dômes 360°. Cet ouvrage rassemble des textes critiques diffusés à cette époque, dans le but d’informer sur les avancées des « technologies de flicage » et de s’opposer au monde qui les produit. 

17 juin 2020

BEAU COMME UNE PRISON QUI BRULE - Un aperçu des Gordon Riots

En juin 1780, le bas peuple de Londres se soulève. Les prisons sont incendiées et la banque d’Angleterre assiégée. Julius Van Daal raconte cette insurrection occultée ou calomniée.

16 juin 2020

NI OR NI MAÎTRE - Montagne d’or et consorts

Enquête « sans ménagement » sur le projet dit de la « Montagne d’or » d’exploration aurifère en Guyane. Mine à ciel ouvert en pleine forêt tropicale, usine de cyanuration et dépotoirs de déchets toxiques, recherche du profit à n’importe quel prix dans le respect hypocrite des normes vertes et solidaires en vigueur, « c’est ce monde morbide et mortifère que cet ouvrage met en joue. »

12 juin 2020

DANS LA CLASSE DE L’HOMME BLANC

À partir des archives de l’Éducation nationale, des textes officiels et des manuels scolaires, Laurence De Cock retrace les débats qui ont agité l’enseignement de l’histoire de la colonisation, depuis les années 1980. Si l’histoire coloniale a toujours figuré dans le récit national scolaire comme support de valorisation de la fierté patriotique, surtout à partir de la IIIe République, elle est l’un des contenus les plus mobilisés dans les débats publics. Le système colonial était fondé sur les principes d’inégalités juridiques, de domination et d’usage légitime de la violence. Comment la transmission des valeurs  et idéaux républicains dont se targue la France, peut-elle être compatible avec celle de cette histoire de leur violation légitimée ?