14 octobre 2019

ZOMIA ou l’art de ne pas être gouverné

Par l’étude d’une vaste zone montagneuse du Sud-Est asiatique, James C. Scott déconstruit les conceptions traditionnelles sur le « primitivisme », leur opposant les notions de « non gouverné », « non encore incorporé ». Le pastoralisme, le glanage, la culture itinérante et les systèmes de parenté fragmentés, formant une sorte d’ « auto-barbarisation », ont ainsi permis un « évitement de l’État » à environ 100 millions de personnes, pendant plus de deux mille ans, sur une région de 2,5 millions de mètres carrés.

8 octobre 2019

LES BESOINS ARTIFICIELS - Comment sortir du consumérisme

Alors que le capitalisme engendre sans cesse des besoins artificiels toujours nouveaux, que le consumérisme atteint son « stade suprême », Razmig Keucheyan, professeur en sociologie à Bordeaux, élabore une théorie critique et propose une politique émancipatrice basée sur « les besoins « authentiques » collectivement définis ».

30 septembre 2019

ÉCOLE

C’est parce qu’il finit par caractériser tout et son contraire que le mot « école » est faible. Laurence De Cock dénonce une crise démocratique, l’inscrivant dans l’histoire de l’institution, réformes après réformes, postulant « que l’école a pour mission non pas de préparer au monde déjà là mais d’accompagner celui qui vient, et partant de contribuer à le transformer ». Ce livre est un plaidoyer « contre la vision politique responsable du brouillage actuel des repères pour penser l’école comme espace de démocratisation, de justice sociale et de partage des connaissances. »

28 septembre 2019

CHRISTOPHE COLOMB ET AUTRES CANNIBALES

L’historien Jack D. Forbes livre ici l’un des premiers essais sur la colonisation européenne du continent américain, écrit par un Amérindien. Dans cette histoire critique de la destruction des cultures indigènes, il se penche sur « la maladie de l’agression envers les autres créatures, et plus précisément la maladie de l’absorption des forces vitales et des possessions des autres êtres vivants », pathologie à laquelle il donne le nom de psychose wétiko (cannibale). Il examine son origine, son épidémiologie, ses caractéristiques, et propose certains antidotes.

23 septembre 2019

NEGROES WITH GUNS - Des Noirs avec des flingues

« Pourquoi est-ce que je vous parle depuis l’exil ? Parce qu’une communauté noire du Sud a pris les armes contre la violence raciste et les a utilisées. Je suis tenu pour responsable de cette action : pour la première fois dans l’histoire, des Noirs américains se sont armés en tant que groupe pour défendre leurs foyers, leurs femmes, leurs enfants, dans une situation où la loi et l’ordre s’étaient effondrés et où les autorités ne pouvaient pas, ou plutôt ne voulaient pas faire leur devoir pour protéger des Américains d’une foule sans foi ni loi. J’assume cette responsabilité et j’en suis fier. J’affirme que le Noirs ont le droit de faire face à la violence du Ku Klux Klan par l’autodéfense armée, et j’ai agi en ce sens. Il a toujours été admis comme un droit des Américains, l’histoire de nos États de l’Ouest le prouve, que là où la loi est impuissante, ou refuse de garantir l’ordre, les citoyens peuvent, et doivent avoir recours à l’autodéfense contre la violence illégale. Je crois que ce droit est tout aussi valable pour les Américains noirs que pour les Américains blancs. » Robert Franklin Williams organisa l’autodéfense de la population noire de Monroe, en Caroline du Nord, pour répondre à la violence par la violence, et livre ici un précieux témoignage.

22 septembre 2019

LA PEUR DU PEUPLE - Agoraphilie et agoraphobie politiques

Francis Dupuis-Déri explore la tension entre la peur des élites politiques, économiques et culturelles à l’égard du peuple qu’elles jugent stupide, manipulable voire enclin à la violence, et la peur que le peuple peut avoir de ceux qui prétendent le gouverner mais cherchent à le dominer. Reprenant deux concepts philosophiques et politiques du sociologue Max Weber, il propose d’analyser l’agoraphobie politique (mépris du peuple assemblé) et l’agoraphilie politique (la passion pour la démocratie directe).

20 septembre 2019

300 000 ANS POUR EN ARRIVER LÀ


Homo sapiens a vécu paisiblement pendant 290 000 ans, jusqu’à ce qu’apparaissent l’agriculture et l’élevage, provoquant, en se généralisant, « une catastrophe comparable à la comète qui a fait disparaître les dinosaures ». En nous racontant le monde d’après l’effondrement et celui d’avant la « révolution » néolithique, en passant par les COP 1 à 45, Grégory Jarry et Otto T. nous invitent à réfléchir sans tergiverser aux enjeux actuels, non sans se départir de leur fameux sens de l’humour.

10 septembre 2019

UNE JUSTE COLÈRE - Interrompre la destruction du monde

En automne 2018, « une véritable irruption populaire a fait vaciller le pouvoir », en France. Depuis le Chiapas rebelle où il vit, Jérôme Baschet a observé le mouvement des Gilets jaunes comme annonciateur de nouvelles formes d’explosions sociales vouées à se multiplier, expression d’une « juste colère », pendant de la « digne rage » des zapatistes. Avec méthode, il cherche à encourager et à amplifier cette dynamique afin d’ « interrompre la destruction du monde ».

5 septembre 2019

LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE ET SON AVENIR

Parce que les conséquences de la révolution industrielle ont été désastreuses pour l ‘humanité, Theodore Kaczynski préconise une révolution contre le système industriel en s’attaquant aux bases économiques et technologiques de la société actuelle.

3 septembre 2019

IN GIRUM - Les Leçons politiques des ronds-points

Imprévu et défiant toutes les analyses classiques par sa composante hétéroclite, ses méthodes inhabituelles, sa longévité surprenante, mais aussi les réponses qu’il s’est vu proposer, le mouvement des gilets jaunes est parvenu à politiser des groupes populaires et périurbains réfractaires à la politique, laissant sur la touche la plupart des formations politiques et syndicales. Laurent Jeanpierre, professeur de science politique, tente d’en tirer des leçons et dessine une aspiration à un ré-ancrage local où s’articuleraient autonomie, écologie et justice sociale : une politique des Communes.

1 septembre 2019

LE TRAVAIL M’A TUÉ

Carlos a réalisé son rêve d’enfant, dessiner des voitures, mais celui-ci tourne au cauchemar. Un système de harcèlement moral est insidieusement mis en place dans son entreprise, progressivement, pour augmenter au maximum la rentabilité des personnels. Inspiré d’une histoire vraie ce récit décortique les dérives managériales qui conduisent au drame : open space, pôle technique éloigné de l’usine et des ateliers de fabrication, management uniquement soucieux d’augmenter la rentabilité, contrôle permanent, évaluations et objectifs individualisés, régulièrement revus à la hausse, nouveau logiciel imposé, sans formation ni assistance, programme « Contrat d’avenir » ambitieux avec production de vingt-six modèles au lieu de quatorze, progression de marge de 6% et réduction des coûts de 30, etc.

LA REVUE DESSINÉE#4

De même que nous recensons tout autant des nouvelles publications que des ouvrages plus anciens, il nous paraît pertinent de rendre compte, à l’occasion, d’anciens numéros de revues qui nous semblent pertinents. Le numéro 4 de La Revue dessinée, que nous venons de découvrir, est justement un des plus intéressants qu’il nous ait été donné à lire, avec au sommaire : un dossier sur le fichage numérique généralisé, l’histoire du fascisme en Grèce et le démantèlement du service public de la poste.

29 août 2019

MANIFESTE DES CHÔMEURS HEUREUX

En août 1996, les trois auteurs de ce manifeste le présentent au public au « marché aux Esclaves » de Prater, à Berlin-Est, proclamant à voix haute ce que beaucoup pensent mais taisent : « Nous savons tous que le chômage ne sera jamais supprimé. La boîte va mal ? On licencie. La boîte va bien ? On investit dans l’automatisation, et on licencie. Jadis il fallait des travailleurs parce qu’il y avait du travail, aujourd’hui, il faut du travail parce qu’il y a des travailleurs, et nul ne sait qu’en faire, parce que les machines travaillent plus vite, mieux et pour moins cher. »

27 août 2019

NOUS, FILS D’EICHMANN

En 1964, quelques années après le procès du criminel nazi Adolf Eichmann, Günther Anders écrivait une lettre au fils de celui-ci le conjurant de mesurer le choix auquel il se trouve confronter, comme nous le sommes tous, face à la répétition des catastrophes : celui de la continuité ou de la rupture.

24 août 2019

HABITER CONTRE LA MÉTROPOLE

La « tradition des opprimés » organise des zones de conflit et de lutte pour « habiter en commun » et ériger de façon offensive une « constellation de mondes autonomes » dans lesquels s’affirme « une indisponibilité ferme face à tous gouvernements des hommes et des choses, face au planning comme projection et rentabilisation totales de la réalité ». Ce pamphlet, signé Conseil nocturne, dénonce « la métropole » comme « camp de concentration planétaire » et propose la construction de communes contre la gestion capitaliste mondiale : « La problématique à laquelle nous faisons face n’est autre que celle de la mise en infrastructure de tous les espaces et les temps dans le mode pour la constitution d’un méga-dispositif métropolitain qui annulerait, enfin, toute perturbation, toute déviation, toute négativité pouvant interrompre l’avancée in finitum de l’économie. »

20 août 2019

À MES FRÈRES - Anthologies de textes poétiques et politiques

Anthologie réunissant à la fois ses dimensions politiques et littéraires, proposant une approche thématique plutôt que chronologique et témoignant surtout de l’intensité de l’engagement de Louise Michel.

18 août 2019

ADIEUX AU CAPITALISME Autonomie, société du bien être et multiplicité des mondes


« Il n’y a pas d’alternative : telle est la conviction que les formes de domination actuelles sont parvenues à disséminer dans le corps social. » S’inscrivant dans le nouveau cycle de la critique sociale, amorcé à partir du milieu des années 1990, après les décennies du triomphe néolibéral, Jérôme Baschet propose de partir d’une critique émancipatrice du capitalisme et de son engrenage productiviste-destructif, pour affirmer un projet alternatif, enracinant sa réflexion dans le sol des expériences concrètes, « utopies réelles » mises en oeuvres actuellement à travers le monde. Il s’agit de « penser une organisation sociale capable de soumettre les nécessités productives au principe du « bien vivre » pour tous et aux décisions collectivement assumées qui en découlent ». Une digne colère gronde : la lutte contre le capitalisme est la lutte pour l’humanité.

11 août 2019

FACE AU TOTALITARISME, LA RÉSISTANCE CIVILE

Ce « mémoire d’Habilitation » constitue un dense résumé des quinze années de recherche de Jacques Semelin, professeur à Sciences-Po (Paris) et directeur de recherche au CNRS, sur la résistance civile au sein des systèmes totalitaires de l’Europe nazie et de l’Europe soviétisée.

7 août 2019

MÊME LE GRAND SOIR A COMMENCÉ PETIT

Une épidémie de « maturisme » frappe le pays : une urgence à grandir qui touche une génération entière de bébés, « comme si l’espèce ne pouvait plus se permettre d’attendre pour devenir intelligente ».

5 août 2019

ÇA GRÉSILLE DANS LE POTEAU - Histoires de la lutte contre la T.H.T Cotentin-Maine – 2005-2013

Transcription commentée des sept heures d’enregistrements d’entretiens autour de la lutte contre le chantier de la ligne Très Haute Tension (THT) Cotentin-Maine, avec ceux qui l’ont vécu de l’intérieur.

30 juillet 2019

LE TOTALITARISME INDUSTRIEL

Recueils des « Chroniques du terrain vague » de Bernard Charbonneau écrites pour La Gueule ouverte, entre 1972 et 1977, et de ses articles parus dans Combat nature de 1974 jusqu’à sa mort, en 1996. Il y fustige le saccage des campagnes par la civilisation des machines, pourfend l’industrie agro-chimique et les loisirs de masse, écharpe le Concorde et défend le Cantal.
Florilège.

25 juillet 2019

AUX JEUNES GENS

Publié en 1904 dans Les Temps nouveaux, Pierre Kropotkine tente
avec ce texte d’éveiller les jeunes esprits à l’idée de justice sociale, afin qu’ils aident « à l’affranchissement de ceux qui grouillent aujourd’hui dans la misère et dans l’ignorance », qu’ils mettent « [leurs] lumières et [leur] dévouement au service immédiat des opprimés ».

18 juillet 2019

À LA LIGNE

Le quotidien d’un intérimaire, à trier des crevettes ou pousser des carcasses. Tranches de vie d’usine rapportées avec acuité et force détermination, comme pour demeurer vivant au milieu des machines, ne pas en devenir une. Joseph Ponthus dédie ces pages 
« aux prolétaires de tous les pays
aux illettrés et aux sans dents
avec lesquels j’ai tant
appris ris souffert et travaillé
à Charles Trenet
sans les chansons duquel
je n’aurai pas tenu ».

17 juillet 2019

JUSQU’À RAQQA : AVEC LES KURDES CONTRE DAESH

Parti combattre Daech pendant quinze mois aux côtés des kurdes de Syrie, André Hébert témoigne de son engagement et de celui de ces centaines de volontaires internationaux, motivés « autant pour soutenir un modèle alternatif que pour défendre les droits d’un peuple persécuté ». « L’internationalisme c’est avant tout la capacité de partager la lutte des exclus à travers le monde, de se révolter contre l’injustice qui les frappe comme si elle nous frappait nous mêmes, d’avoir conscience qu’en dépit des barrières séparant les hommes, nous partageons tous une même condition et un même combat contre l’aliénation. L’engagement révolutionnaire internationaliste repose sur l’étude des failles du système global et des dynamiques qui émergent pour le renverser. Il s’agit avant tout d’une démarche rationnelle et pas d’un élan émotionnel et romantique. » C’est pour lui, parisien de vingt-sept ans, « la seule méthode de lutte qui nous permettra de remporter demain une victoire contre le capitalisme mondialisé et le néo-fascisme renaissant », qui doit « de nouveau passer de l’état de slogan à celui de pratique, cesser de n’être qu’une théorie poussiéreuse appartenant à des organisations politiques marginalisées ».

13 juillet 2019

PLUTÔT COULER EN BEAUTÉ QUE FLOTTER SANS GRÂCE - Réflexions sur l’effondrement

Profondément marquée et inspirée par La Longue route, le récit du navigateur Bernard Moitessier qui, en 1969, renonça à terminer et gagner la toute première course de vitesse en solitaire autour du monde, sans escale et sans assistance extérieure, pour rester en mer, après sept mois de traversée, pour fuir le monde moderne et sa société de consommation, ses saccages, Corinne Morel Darleux questionne notre quotidien. Elle propose une voie pour « refuser de parvenir » et instaurer « la dignité du présent ».

10 juillet 2019

COEUR DE BOXEUR - Le Vrai combat de Christophe Dettinger

Antoine Peillon, Grand reporter au quotidien La Croix, entreprend ici de revenir dans le détail sur « l’affaire Christophe Dettinger », du nom du « boxeur gitan » qui a brutalisé des gendarmes mobiles, à Paris, le 5 janvier 2019, pendant l’Acte VIII des Gilets jaunes. Il prend sa défense, non pour justifier la violence, mais pour expliquer cette « décence commune » qui l’anime, face à « l’indécence extraordinaire du gouvernement d’Édouard Philippe et du Parlement godillot de la prétendue République en marche », pour « démasquer la déviance monarchique du « régime Macron » et ses violences policières qui on attisé « l’incendie politique ».

6 juillet 2019

GODIN, INVENTEUR DE L’ÉCONOMIE SOCIALE

Godin (1817-1888) est un « génie précurseur » mais surtout un praticien, un expérimentateur qui croit en la possibilité des individus de changer leur environnement, de le maîtriser et de se l’approprier. Il bâtit, bien au-delà du travail, une contre-société coopérative. Avec son familistère (1870-1968) qui fonctionna pendant un siècle dont surtout quatre-vingt ans après sa mort, il démontre que « sans avoir accès à la violence et sans appauvrir personne, il est possible de permettre au peuple de s’élever et de vivre décemment, dans un logement sain et par un travail digne, où il est respecté ». À ce titre, il s’impose comme « une figure majeure et méconnue de la pensée économique et sociale du XIXe siècle ».

4 juillet 2019

POINTS DE NON-RETOUR [THIAROYE]

Les soldats du 14e régiment de tirailleurs sénégalais, engagés dans les Ardennes, sont faits prisonniers par les Allemands, dispersés dans des Frontstalags, fermes et usines en France occupée, avant d’être embarqués et ramenés en Afrique. Comme ils réclamaient le versement de leur solde, ils furent exécutés par leur propre armée, jetés dans des fosses communes, effacés, oubliés, « évaporés ».
L’histoire s’est arrêtée à Thiaroye, au Sénégal, en 1944. Pour les victimes de la tragédie. Pour leurs descendants, sur plusieurs générations, ignorant ce qu’y s’est réellement passé. « Un parent humilié donne toujours un enfant en colère. » Pour les « bourreaux », aussi, incapables de vivre avec ce trop lourd secret. Pour leurs familles qui vont en supporter le poids sans rien en savoir. Certains essayeront de « remettre les bouts ensemble », de découvrir la vérité, de comprendre comment et combien elle a entravé leur existence : « Le présent ne peut pas exister à l’ombre de ce passé flou. » Avec leurs récits croisés, Alexandra Badea tente de comprendre la puissance folle de ce « point de non-retour ».

30 juin 2019

« NOUS, LE PEUPLE DES ÉTATS-UNIS… »

Un certain nombre d’idées orthodoxes et inoffensives, constituant une sorte d’ « idéologie américaine », sont mises en avant par de puissantes machines culturelles et acceptées. Elles occupent et dominent les débats, au détriment d’une réflexion indépendante, garantissant un contrôle sans besoin de soldat dans les rues. Deux partis suffisent à créer l’illusion d’une société pluraliste. Howard Zinn propose de questionner et contester ces croyances, à partir des grandes théories et de faits historiques.

28 juin 2019

LA QUESTION

Directeur d’Alger Républicain de 1950 jusqu’à son interdiction en 1955, Henri Alleg doit passer dans la clandestinité en novembre 1956 pour échapper aux mesures d’internement qui frappe la plupart des collaborateurs du journal. Arrêté le 12 juin 1957, il est séquestré un mois entier et livre ici le récit de sa détention, dénonçant les tortures dont il a été victime.

27 juin 2019

LE CODE NOIR

Promulgué en mars 1685 par Louis XIV, le Code noir témoigne de la condition des Noirs asservis dans les îles françaises.

26 juin 2019

WOBBLIES : Un Siècle d’agitation sociale et culturelle aux États-Unis

Fondé en 1905 à Chicago, l’organisation syndicale internationaliste des Industrial Workers of the World (IWW) réunit tous les exploités, hommes, femmes, immigrés, non-qualifiés, exclus par les autres syndicats. Cette copieuse bande dessinée raconte l’histoire de ce mouvement radical dont l’unique objectif était de conduire les travailleurs « à la pleine possession de leur outil de travail ». 

19 juin 2019

LA HAINE

Ces « fragments » devaient constituer la troisième partie de « L’obsolescence de l’homme », comme l’explique la judicieuse préface de Philippe Ivernel. Ils complètent les réflexions de Günther Anders sur notre civilisation, sa critique de la science et de la technocratie qui nous conduisent à un « cannibalisme post-civilisationnel ».

17 juin 2019

ADRESSE À TOUS CEUX QUI NE VEULENT PAS GÉRER LES NUISANCES MAIS LES SUPPRIMER

Une société est une « organisation de survie collective », par l’ « appropriation de la nature ». La notre a réussi dans son inconscience à « mettre en péril cette sécurité matérielle dont la conquête était sa seule justification » et a décrété « l’état d’urgence écologique », à la fois « économie de guerre, qui mobilise la production au service d’intérêts communs définis par l’État » et « guerre de l’économie contre la menace de mouvements de protestation qui en viennent à la critiquer sans détour ». Cet « écologisme » prévient et censure tout développement de la critique des nuisances en une critique de l’économie qui les engendre ».

14 juin 2019

CE CAUCHEMAR QUI N’EN FINIT PAS - Comment le néolibéralisme défait la démocratie

Se nourrissant des crises, la logique dominante accélère les processus économiques et sécuritaires, transformant en profondeur nos sociétés, les rapports entre gouvernés et gouvernants, et la « sortie de la démocratie ». Pierre Dardot et Christian Laval dénonce ici la radicalisation néolibérale qui étend et impose « la logique du capital à toutes les relations sociales jusqu’à en faire la forme même de nos vies », insécurise et discipline la population, désactive la démocratie et fragmente la société. Le ressentiment s’accumule, faute de réponse alternative crédible, et s’exprime par l’envie de « renverser la table », le retrait indifférent ou la xénophobie. « L’austérité en Europe mène à une catastrophe politique aujourd’hui parfaitement envisageable. La victoire du néo-fascisme est maintenant devenue une possibilité avec laquelle il faut compter. » Les autorités politiques, semblant n’avoir rien retenu de l’histoire, n’ont d’autres réponses que de fourbir l’arsenal juridique des tyrannies qui s’annoncent, accentuant toujours plus l’érosion de l’État de droit. Et la gauche critique se complait dans les incantations stériles.