9 juillet 2016

LE DÉSHONNEUR DES POÈTES.


Benjamin Péret, réfugié à Mexico, redéfinit la dimension révolutionnaire de la poésie, en lutte contre toutes les oppressions et pour la libération totale de l’homme de tous les préceptes religieux, philosophiques ou sociaux.

Il répond aux « poètes », dont Louis Aragon et Paul Éluard, qui viennent de publier aux éditions de Minuit alors clandestines, « L’honneur des poètes » et qu’il accuse de trahison en acceptant de rabaisser leur art au niveau des arts décoratifs ou ménagers en lui conférant une vocation utilitaire au service de dogmes religieux et nationalistes.
Il reproche à Éluard de chanter une liberté qui dissimule de nouvelles chaines, liberté pour un petit nombre d’imposer leur morale et leur pouvoir. Au contraire la liberté vraie doit emporter tous les miasmes du passé, fantômes de la religion et de la patrie. La poésie authentique doit être un souffle au service de la libération totale de l’esprit humain.

C’est la question de l’engagement de l’art et de l’artiste que pose dans ce pamphlet Benjamin Péret et plus précisément de sa forme. L’artiste, en dehors de ses prises de position personnelles en tant que citoyen, ne peut mettre son talent au service d’une cause sans devenir « agent de publicité ». La poésie ne peut être un instrument de propagande, la puissance révolutionnaire étant son essence même.

LE DÉSHONNEUR DES POÈTES.
Benjamin Péret
33 pages – 40 francs
Éditions José Corti – Paris – octobre 1986
Éditions Mille et une nuits – Paris – juillet 1997
63 pages – 2,50 euros
Première édition – Mexico – février 1945

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