8 juillet 2016

LE VOTE OU LE FUSIL


Considérant que 22 millions de noirs subissent aux Etats-Unis une oppression politique, une exploitation économique et une dégradation sociale imposées par l’homme blanc, Malcom X., dans ce discours prononcé à Cleveland (Ohio) le 3 avril 1964, appelle à ne plus voter pour les démocrates qui jamais n’ont tenu leurs promesses de leur accorder le droit de vote dans les États du Sud ségrégationnistes.


Il dénonce le complot gouvernemental qui continue à les priver de ce droit en totale illégalité, contre l’avis de la Cour Suprême et charcute régulièrement les circonscriptions électorales au nord, en fonction de l’évolution de la population pour, là aussi, les priver de pouvoir.
Alors qu’ils ont travaillé 310 ans gratuitement, le gouvernement pour lequel ils vont se battre et mourir à l’étranger, continue à conspirer contre eux. Si Malcom X. préconise la non-violence envers ceux qui ne sont pas violents, il justifie la violence en réponse à la violence qu’ils subissent. Avec des mots prudents et choisis, il propose une autre forme de lutte que des manifestations pacifiques mais si violemment réprimées.


Le discours que John F. Kennedy a prononcé le 11 juin 1963, après un printemps de répression extrêmement violent dans les États du Sud et alors que les mouvements pacifistes perdent de l’audience, les jeunes recherchant des solutions plus radicales, est très clair et ne louvoie pas pour ménager des susceptibilités. Les États-Unis ont été fondés par des hommes de différentes nations sur le principe de l’égalité entre eux. Un siècle après l’abolition de l’esclavage par Abraham Lincoln, l’injustice, l’oppression économique et sociale des Noirs, ne sont pas justifiables. Face à cette crise morale que traverse la nation, il demande au Congrès de légiférer pour mettre fin à la ségrégation.
La loi sur les droits civiques sera votée en 1964. John F. Kennedy a été assassiné à Dallas le 22 novembre 1963 et Malcom X. le 21 février 1965.

La lecture de ces deux textes rend parfaitement compte de la tension de ces années-là, du contexte autant que des enjeux. Celui de Malcom X. pose les bonnes questions quant aux moyens de l’engagement politique, de la lutte et de la résistance. Plus de cinquante ans après, ils demeurent d’une brulante actualité.

Sans doute, les parties supprimées sont-elles anecdotiques et trop datées, mais l’intégralité des textes est toujours préférable . Elle ôte d’un doute.


LE VOTE OU LE FUSIL
Malcom X
Suivi de NOUS FORMONS UN SEUL ET MÊME PAYS
John F. Kennedy
62 pages – 3,10 euros
Éditions Points Seuil – Paris – février 2011
Édition bilingue.

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