8 juillet 2017

XXI - n° 39 : NOS CRIMES EN AFRIQUE

Livraison estivale de cette revue trimestrielle qui s’attache notamment à briser le mur du silence autour de trois mensonges d’État.

Les mensonges de Thiaroye.
Armelle Mabon, enseignante-chercheuse à l’Université de Bretagne-Sud enquête depuis dix-sept ans sur les prétendus rebelles de Thiaroye, au Sénégal. Derrière la version officielle reprise par François Hollande le 30 novembre 2014 : le 1er décembre 1944, les troupes coloniales « chargées du maintien de l’ordre ouvrirent le feu » contre des soldats « indigènes » qui réclamaient leur dû, elle cherche à découvrir ce qui s’est réellement passé ce jour-là.
Pat Perna raconte son enquête et rencontre quelques témoins. Scénariste de BD, il travaille actuellement à l’adaptation en roman graphique de ces événements. Parution annoncée pour 2018 aux éditions des Arènes.
Il n’y aurait jamais eu de mutinerie, justifiant la répression, mais un massacre organisé. Il n’y aurait pas eu 35 victimes comme l’affirment les autorités mais sans doute plus de 400. Celles-ci ne leur auraient versé qu’un quart des arriérés correspondant à leurs années de captivité au frontstalag de Rennes puisque le Reich refusait la présence de Noirs sur son sol.


Opération Biafra.
Le Biafra nait le 30 mai 1967, de la déclaration de sécession de la province oriental du Nigéria. Le lendemain, le gouvernement central décrète un blocus total, y compris alimentaire. La petite république capitulera trois ans plus tard, le 15 janvier 1970. Entre cinq cent mille et un million de personnes auront trouvé la mort. Joël Calmette a enquêté pour découvrir les enjeux cachés de ce conflit, le sous-sol biafrais regorgeant de pétrole, et le rôle obscur de la France.
En 1967, la France a perdu son autonomie énergétique avec l’indépendance de l’Algérie. Il démontre comment les réseaux africains de Jacques Foccart ont armé la rébellion, comment le pont aérien sous couvert d’intervention humanitaire masquait le fret militaire et comment le SDECE a organisé une opération de désinformation, manipulant la presse, pour propager l’idée d’un « génocide ».


Réarmez-les !
En trois mois, d’avril à juillet 1994, dans les collines du Rwanda, des centaines de milliers de Tutsi sont exterminés. Sur les cent jours du génocide, la « productivité » est, à l’échelle du pays, deux fois supérieure à celle de Tréblinka, le plus élaboré des camps nazis. Cinquante ans après la fin du nazisme, il s’est produit une collusion historique d’une extraordinaire intensité. En 1994, des hommes au plus haut de l’État français ont été confrontés au résultat de la politique secrète qu’ils avaient mise en œuvre, décidée à l’Élysée et poursuivie au-delà de toute raison. François Mitterrand avait entretenu un écran de fumée en évoquant « les génocides », renvoyant dos à dos bourreaux et victimes. Hubert Védrine, fils de Jean Védrine, ami « vichisto-résistant » du Président, monte systématiquement au créneau pour défendre la version officielle. Pourtant, et c’est le sujet de cet article, après ces rappels nécessaires, parmi les archives triées par deux hauts fonctionnaires avant d’être déclassifiées, figurent des preuves qu’ordre à été donné à l’armée française de « réarmer » les assassins, sous couvert de l’opération Turquoise, un mois après le vote d’un embargo sur les armes, un mois après l’adoption d’une résolution par la commission des droits de l’homme de l’O.N.U. employant le terme de « génocide ». De nombreux militaires auraient fait valoir leur droit de retrait pour ne pas obéir aux ordres. Les cartons seront rapidement refermés. L’un de ces fonctionnaires, sous couvert d’anonymat, se confie à Patrick de Saint-Exupéry, auteurs de plusieurs ouvrages sur ce conflit.
Voir aussi :

LA FANTAISIE DES DIEUX



Ces trois dossiers, parmi d’autres articles, nous montrent trois exemples de la politique française en Afrique, de son refus obstiné de reconnaitre ses crimes et du déni qu’elle entretient. Affligeant et édifiant.
Les journalistes, conformément à la ligne éditoriale de la revue, ne se cachent pas derrière une neutralité objective mais peuvent confier leurs émotions, leur indignation. Ainsi Joël Calmettes raconte ses souvenirs d’enfant face aux images de la famine au Biafra, à l’origine de son besoin de comprendre.



XXI - n° 39 : NOS CRIMES EN AFRIQUE
Collectif
212 pages – 15 euros
Éditions Rollin Publications – Paris – juillet 2017
http://www.revue21.fr/tous_les_numeros#n-39 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire