2 juin 2016

LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE.


Citoyen américain, Henry David Thoreau (1817-1862) estime qu’il faut respecter le droit avant la loi, c’est-à-dire ce qui paraît juste. Reprochant à son gouvernement de maintenir en esclavage un sixième de sa population et d’avoir envoyé son armée conquérir le Mexique voisin, il considère légitime toute rébellion contre lui.


Beaucoup sont opposés à l’esclavage et à la guerre mais ne font rien et attendent que d’autres portent remède au mal. Critiquer sans agir revient à cautionner.

Voter pour plus de justice s’est s’en remettre au hasard et à la majorité. Seul celui qui engage sa propre liberté peut hâter l’abolition de l’esclavage, par exemple.

Les États, plutôt que d’encourager la critique pour se reformer au nom de la justice, veillent à ce que le remède soit long et complexe.

Un homme ne peut certes tout faire mais il doit veiller à ne rien faire d’injuste, si nécessaire en enfreignant la loi.

Une minorité est impuissante quand elle se conforme à la majorité mais elle devient puissante en désobéissant. Encourir le châtiment de la désobéissance est moralement moins couteux que de désobéir.



Henry David Thoreau raconte comment il mit en pratique ses propos en refusant de payer ses impôts pour ne pas cautionner un gouvernement esclavagiste et grégaire.

Il rêvait d’un État plus démocratique, plus respectueux de l’individu et juste envers tous les hommes, d’un gouvernement qui ne gouvernerait pas.


Ce texte, fondateur des contestations sociales, s’inscrit dans une tradition de discours politiques remontant à l’Antiquité et pose les questions fondamentales de la cohérence entre convictions et engagement véritable, du pouvoir individuel et du devoir de conscience. Une lecture brève, dense mais surtout indispensable.


LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE.
Henry David Thoreau
Traduction de l’anglais et postface de Guillaume Villeneuve.
66 pages – 2,50 euros
Éditions Mille et une nuits – Paris – 1996
Première publication 1849

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