24 février 2018

L’APOSTAT

Johnny est né dans l’atelier de tissage, « parmi le métal hurlant des machines qui tournaient à plein régime ». Le contremaître avait prêté son concours à l’accouchement. Il était entré à l’usine à l’âge sept ans. « Il ne se plaignait jamais et faisait preuve d’une résignation aussi effroyable que l’école où elle lui avait été inculquée. » Puis, « de travailleur modèle, il s’était mué en mécanisme ».

Ce récit naturaliste des conditions de travail des enfants, cru et sans pathos, décrit parfaitement la brutalité du conditionnement. « Quand il ne dormait pas, il travaillait, et sa conscience était devenue aussi aride que celle d’une machine. Son esprit s’était entièrement vidé de toute pensée. Il n’avait plus le moindre idéal et ne nourrissait plus qu’une seule illusion : il croyait toujours boire de l’excellent café. C’était un bourreau de travail. »
London va beaucoup plus loin qu'une simple dénonciation convenue, toujours nourri par ses propres expériences. Lorsque qu’à seize le corps de Johnny, brisé, épuisé, ne suivra plus et le contraindra au repos, son esprit embrouillé, prenant du recul, il prendra conscience de l’absurdité de sa condition et décidera de déserter.

Magnifique !


 

L’APOSTAT
Jack London
50 pages – 3 euros
Éditions Libertalia – Paris – Février 2018

Rédigé en 1906
http://www.editionslibertalia.com/


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