16 novembre 2016

LE TALON DE FER


Jack London utilise ici la dystopie, procédé littéraire jouant sur la modification du déroulement d’événements historiques, pour frapper les esprits, livrer son analyse du système capitalisme et de ses conséquences à venir.

 Décrivant une société américain proche de la sienne, dans laquelle gouverne une oligarchie, prête à tout sacrifier pour augmenter son pouvoir et sa fortune, il emprunte des faits, des déclarations réels pour alimenter sa démonstration et extrapole un développement dramatique pour indiquer la direction que prend le monde à ses yeux.
Nous suivons le parcours d’un leader révolutionnaire, raconté par le journal de sa compagne, abondamment annoté par un commentateur du XXIVe siècle, ce qui permet d’inscrire le récit dans une perspective historique et de révéler un futur que la narratrice ne peut qu’ignorer.
Les ressorts de l’impitoyable logique du capitalisme sont analysés par les discours critiques du héros et ses différentes conversations avec les autres responsables socialistes et leur confiance naïve dans le système électoral, les chefs religieux et leur profonde méconnaissance du prolétariat, les patrons de petites entreprises et leur colère contre les monopoles qui n’appliquent qu’à grande échelle leur propres méthodes finalement, l’aristocratie syndicale créée par l’oligarchie pour diviser et régner, les prolétaires résignés et leur misère.
Les grèves, émeutes et tentatives de révolution seront réprimées dans une sauvagerie impitoyable par ce « talon de fer » d’une tyrannie imposée par étape et devenue de plus en plus difficile à combattre malgré les moyens démocratiques existants (élections, justice,…).
Aujourd’hui, dans une Europe sourde aux avis des peuples, dans un monde où la quête du profit devient chaque jour plus indécente et cynique, ce récit trouve un écho particulier.

Les éditions Libertalia propose une nouvelle traduction, la précédente datant de 1923, assortie de l’ensemble des préfaces publiées, de Léon Trosky, Anatole France, Paul Vaillant-Couturier, Bernard Clavel et Francis Lacassin, ainsi qu’un avant propos de l’auteur, inédit en français.

Roman visionnaire qu’il faut lire sans plus attendre pour comprendre les jours sombres qui semblent approcher à grands pas.




LE TALON DE FER
Jack London
Traduction de Philippe Mortimer
464 pages – 16 euros.
Éditions Libertalia – Paris – novembre 2016
320 pages – 9,70 euros
Éditions Phébus – Collection Libretto – Paris – janvier 2003
Traduction de Louis Positif.
Première parution chez The Macmillan Company – New York - 1908

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