10 décembre 2017

À TRAVERS LES LIGNES

Éric Hazan a rassemblé ici quelques uns de ses articles parus ces quinze dernières années. L’essentiel traite de la guerre civile en cours, cette insurrection qui est maintenant là.
Il dénonce avec virulence la stratégie de l’oligarchie « de créer un ennemi intérieur pour recueillir l’assentiment général dans le resserrage de son dispositif militaro-policier ». L’anti-terrorisme est « une technique de gouvernement visant à éliminer par la force les cellules rebelles de l’organisme social ». L’affaire de Tarnac restera comme la plus flagrante mais aussi la plus ridicule tentative, révélant les mensonges officiels et l’éclat de la vérité sur la nature du pouvoir, car comme le notait Machiavel « la fortune, lorsqu’elle prépare le bouleversement d’un empire, place à sa tête des hommes capables d’en hâter la chute. » Elle aura propulsé L’insurrection qui vient, du Comité invisible, au rang de vrai succès médiatique. À la différence d’autres « ouvrages inoffensifs dont le marketing se fonde sur une critique de la domination », ce texte ouvrait sur des luttes imminentes. Éric Hazan est convaincu que « ce n’est pas le peuple qui manque, c’est la décision - avec la conscience que le rapport de forces ne nous est défavorable qu’en apparence. L’oligarchie cherche à nous maintenir dans ce désespoir qui forme sourdement le liant de la situation. » « Le temps n’est plus à l’indignation humaniste ni à l’analyse sociologique. Il ne s’agit plus de faire la critique de l’oligarchie au pouvoir mais tout simplement de la congédier. » 
« La politique a poussé son dernier râle l'été dernier là où elle était née il y a plus de deux mille ans, en Grèce ; Alexis Tsipras fut son fossoyeur. Sur sa tombe sont gravés ces mots prononcés en guise d'oraison funèbre par le ministre allemand de l'Économie, Wolfgang Schäuble : « On ne peut pas laisser des élections changer quoique ce soit. » Voilà. Tout est dit. Et sobrement. »
« Le monde appartient à ceux qui se soulèvent tôt. »

Il évoque longuement la Commune de Paris et se prononce pour un état binational entre le Jourdain et la mer. L’hypothèse d’un État palestinien n’est qu’un leurre pour maintenir un statu quo. Il dénonce le vocabulaire mensonger utilisé en permanence et qui contribue à nier la réalité : « conflit israélo-palestinien » pour laisser croire à une symétrie, « négociations » pour évoquer les séries de diktats,…

Il rend aussi hommage à François Maspero :  « sa librairie et ses éditions ont été l’université politique d’une génération - une université sans cours ni maîtres, mais justement, par cela même, une université pour tous. »


Écrits « depuis les tranchés d’une guerre civile où les livres aussi sont des armes » (et ce n’est certainement pas nous qui dirons le contraire), ces textes sont autant de compte-rendus de batailles. Ils contribuent au « démontage des bobards » autant qu’à l’élaboration d’une stratégie.




À TRAVERS LES LIGNES
Textes politiques
Éric Hazan
162 pages – 12 euros
La Fabrique éditions – Paris – Août 2017



Du même auteur :

PREMIÈRES MESURES RÉVOLUTIONNAIRES

 

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