17 janvier 2017

O-DIEUX


Trois femmes monologuent, jouées par une seule et même comédienne. La professeure d’histoire israélienne, l’étudiante islamique et la militaire américaine. Leurs histoires parallèles vont suivre une même chronologie pour les conduire à leur destinée fatale.

 Si l’on comprend bien comment une terreur irrationnelle s’empare de la raison de la première suite à un attentat dont elle est témoin et qui depuis la hante, alors que l’histoire qu’elle enseigne est justement l’antidote à l’intégrisme, le basculement vers la violence de la seconde est moins intelligible, moins développé. Seule la lecture des titres d’un journal la conforte à un moment, de façon quasi hypnotique, dans sa résolution à passer à l’acte. Mais peut-être qu’une scène traumatique initiale, comme celle de l’attentat pour la professeure donc, aurait-elle été trop démonstrative. La troisième protagoniste vient en contrepoint apporter un point de vue extérieur.

Nul jugement ici, simplement le développement de situations qui propose la compréhension d’une complexité, en évitant la caricature. Les personnages de Stefano Massini sont archétypaux tout en restant profondément humains. Ils synthétisent et symbolisent chacun un antagonisme du conflit.

Son théâtre est politique. Il pose ici la question de la liberté de façon pessimiste par l’omniprésence de la fatalité : l’endroit où nous sommes nés détermine-t-il sans échappatoire notre destin ?


O-DIEUX
Stefano Massini
Traduit de l’italien par Olivier Favier et Federica Martucci
146 pages – 13 euros
Éditions L’Arche – Paris – janvier 2017


Du même auteur :

-      CHAPITRES DE LA CHUTE – Saga des Lehman Brothers

-      TERRE NOIRE

 

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