10 janvier 2017

TINA MODOTTI


Ángel de La Calle, fasciné par la vie de Tina Modotti, raconte son enquête pour en restituer toutes les facettes, les périodes obscures, les parts de légende. Chassée de son Frioul natal par la pauvreté, elle connaitra une brève carrière de star du cinéma muet à Hollywood avant de devenir la photographe que l’on sait, dans un Mexique post-révolutionnaire d’abord.

 Sa foi inaltérable dans le Parti, la conduira à servir le Komintern. Si les procès paranoïaques de Staline et surtout le pacte que celui-ci a signé avec Hitler, complice de tant de massacres auxquels elle a assistés en Espagne, semblent avoir ébranlé ses certitudes, elle demeurera jusqu’au bout inflexible, doctrinaire et sectaire, comme si ce credo lui était nécessaire pour surmonter toutes les épreuves que le destin lui infligea.
Suivre son parcours, c’est découvrir aussi les rouages du pouvoir, les coulisses d’un engagement pour une idéologie qui a marqué le XXème siècle, avec comme toile de fond les principaux lieux de conflits politiques, du Mexico de Riviera et Trotsky au Berlin de la Guerre froide en passant par l’Espagne révolutionnaire.

Lorsque des doutes subsistent, que les différents biographes ne sont pas d’accord, Ángel de La Calle expose rigoureusement les différents points de vue. Il ne juge pas mais tente de comprendre, d’éclairer les parts d’ombre. Il se met lui même en scène dans sa quête, échangeant régulièrement avec l’écrivain Paco Ignacio Taibo II avec lequel il organise la Semana Negra chaque année à Girón.

Cette bande dessinée trouve sa place sur ce blog comme panorama d’une période, portrait d'un témoin privilégié. L’approche d’ Ángel de La Calle est sensible et personnelle mais cependant rigoureuse.




TINA MODOTTI
Ángel de La Calle
Traduit de l’anglais par Guillaume Villeneuve
280 pages – 26 euros
Éditions Vertige Graphic – Paris – Librairie Envie de lire – Evry – mai 2011

 

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