27 mars 2017

ÉLOGE DE L’OISIVETÉ

Bien qu’élevé selon le principe que l’oisiveté est mère de tous vices, Bertrand Russell affirme que l’on travaille beaucoup trop de par le monde et que la voie du bonheur et de la prospérité passe par une diminution méthodique du travail.
 
Il rappelle que le peu d’excédent que produit l’homme en dehors du nécessaire à sa famille, les guerriers et les prêtres se le sont, de tout temps, approprié. La morale du travail est une morale d’esclave. La force brute a contraint les paysans des collectivités primitives à produire du surplus et à s’en démunir puis, on leur fit accepter une éthique selon laquelle il était de leur devoir de travailler dur.
Il explique aussi que le loisir est indispensable à la civilisation et que, grâce à la technologie moderne, il serait possible de le répartir équitablement sans préjudice. Mais l’idée que les pauvres puissent avoir des loisirs a toujours choqué les riches.
Bertrand Russell préconise que le salarié ne travaille que quatre heures par jour ce qui serait suffisant pour garantir de tout pour tout le monde et supprimer le chômage. Il conclut que « les méthodes de production modernes nous ont donné la possibilité de permettre à tous de vivre dans l’aisance et la sécurité. Nous avons choisi, à la place, le surmenage pour les uns et la misère pour les autres : en cela il n’y a pas de raison de persévérer dans notre bêtise indéfiniment ».

Ce bref texte fait écho à LE DROIT À LA PARESSE de Paul Lafargue, publié un demi-siècle plus tôt. De quoi inspirer bien des réflexions.





ÉLOGE DE L’OISIVETÉ
Bertrand Russell
Traduit de l’anglais par Michel Parmentier
50 pages – 6,20 euros
Éditions Allia – Paris – janvier 2002
Paru pour la première fois en 1932, dans Rewiew of Rewiews, sous le titre In Praise of Idleness.

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