4 mars 2018

QUILOMBOS - Communautés d’esclaves insoumis au Brésil

L’arrivée sur le continent américain de millions d’hommes et de femmes capturés en Afrique ne s’est pas faite sans résistance. À l’injustice de leur brutale condition beaucoup répondaient par l’assassinat ou l’insurrection puis l’évasion. Les marrons, nom donné aux esclaves en fuite, se sont souvent regroupés pour former des cumbes, au Vénézuela, des palanques, en Colombie, des mocambos ou quilombos, au Brésil.
 
La première mention d’une communauté d’esclaves enfuis au Brésil, date de 1575. Leur multiplication est contagieuse. Regroupant quelques dizaines d’individus ou des centaines, voir plusieurs milliers, elles sont souvent situées dans des zones très reculées et isolées Au XIXème siècle, des quilombos mobiles se sont aussi formés dans les grandes villes esclavagistes. Celles qui se sont maintenues, se sont développées grâce à leurs interactions avec les acteurs économiques des régions où elles étaient implantées : taverniers, paysans, chercheurs d’or, pêcheurs, colporteurs, etc. La plupart se consacraient à la culture du manioc, du riz, des haricots, des patates douces, du maïs, du coton, des bananes, de la canne à sucre, pratiquaient l’élevage, la chasse et la pêche. Dans certaines régions comme le Minas Gerais, l’économie reposait sur l’extraction de minerais et de pierres précieuses.
Pour limiter les évasions, les propriétaires accordaient du temps et des parcelles de terrain aux esclaves, leur permettant ainsi d’assurer leur subsistance et de revendre les excédents à leurs maîtres. Les quilombolas vivaient en permanence sous la menace des chasseurs d’esclaves et de l’armée qui détruisaient leurs maisons et leurs plantations, les capturaient ou les tuaient s’ils n’avaient pas eu le temps de s’enfuir. À la fin du XIXème siècle, les autorités essayent de négocier leur reddition en affranchissant ceux qui étaient nés dans les quilombos et les transforment en colons.

Spécialiste du sujet, Flavio dos Santos Gomes présente l’un des plus célèbres, celui de Palmares, composé en réalité d’une multitude de quilombos organisés autour de celui de Macaco, centre politique. Sans doute faute de documents, on n’apprend pas grand chose quant à leur organisation. L’essentiel des témoignages est constitué par les récits des expéditions militaires chargées de les détruire. Palmares sera détruit en 1695 et le chef Zumbi assassiné le 20 novembre, devenu jour férié dans de nombreuses villes brésiliennes. S’il a perduré jusqu’en 1736, sans parvenir à se réunifier, il demeure un symbole de résistance pour les militants de la cause noire.

Après l’abolition de l’esclavage, ils ne pouvaient plus y avoir d’esclaves en fuite donc, théoriquement, plus de quilombos. Au XXème siècle, ils ont été stigmatisés ou invisibilisés, demeurent pourtant de nombreuses communautés de descendants de quilombolas, appelés « quilombolas rémanents ». En 1988, la fondation culturelle Palmares est créée par le ministère de la Culture pour promouvoir « une plus grande participation de la population noire, via son histoire et sa culture, au processus de développement du Brésil ».


On sent que l’auteur se contraint à la brièveté. Ses énumérations d’exemples pourront paraître frustrantes tant elles suscitent la curiosité d’en apprendre beaucoup plus mais sans doute le projet était-il de proposer une sorte d’introduction, claire et synthétique, au sujet. 



QUILOMBOS
Communautés d’esclaves insoumis au Brésil
Flavio dos Santos Gomes
Traduit du portugais (Brésil) par Georges Da Costa
130 pages – 12 euros
Éditions L’Échappée – Collection « Dans le feu de l’action » – Paris – Février 2018

http://www.lechappee.org/

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