29 octobre 2018

NANTES RÉVOLTÉE – Numéro 4 - Nos désirs font désordre

Dernières nouvelles des luttes nantaises, attendues avec une réelle impatience. Alors que « la série de scandales d’État qui secoue le gouvernement français depuis l’été révèle la nature véritablement mafieuse du pouvoir », dans le crépitement des révoltes et des colères partagées, de nouvelles solidarités se tissent. Nantes révoltée donnent la parole « à celles et ceux qu’ont entend pas : les habitants des périphéries, les exilés en lutte et livreurs à vélo ».

Retour sur la mort d’Aboubakar à l’âge de 22 ans le 4 juillet, abattu à bout portant par un policier dans le quartier du Breil, et les nuits d’émeute qui ont suivi. Avec la « présomption de légitime défense » dont disposent désormais les policiers, le nombre de tirs par armes à feu a augmenté de 54% en 2017. Des témoins, des habitants du quartier, des soutiens témoignent.

Ces derniers mois, un curieux « voyage à Nantes » a déplacé, en différents lieux successivement occupés puis expulsé, des centaines de personnes venus en France pour trouver refuge, soutenus par « une solidarité protéiforme, acharnée, multiple et infatigable, qui se heurte à la violence des pouvoirs publics ». Récit d’un an de résistance.

Esquisse de mobilisations collectives des livreurs à vélo nantais, « une nouvelle domesticité sur l’asphalte, dont même le statut – auto-entrepreneur – vise à faire oublier l’antagonisme de classe. » Des réseaux mafieux louent des numéros de Siret à des exilés sans papier contre la moitié de leurs maigres recettes pour pouvoir livrer « légalement ». Paroles d’exploités.

Quelques chroniques judiciaires suffisent à mettre en évidence la disproportion des charges et parfois des peines requises contre des révoltés : délire répressif contre l’enfarineur de Johanna Rolland, la maire de Nantes, sept ans de prison requis pour trois personnes jugées pour un jet de peinture à l’eau sur la vitrine de la présidence de l’université, enquête criminelle après la pendaison symbolique d’un mannequin à l’effigie de Macron pendant une manifestation festive,  accusation sans preuve, prison ferme, « le Régime ne tolère plus la moindre contestation, même les actions les plus inoffensives et humoristiques sont traquées avec des moyens aussi colossaux que ridicules ! ». Pendant ce temps, un policier poursuivi pour « violences extrêmement graves » fait carrière à l’IGPN, la police des polices.

« Une autre fin du monde est possible. » Si toutes les activités humaines disparaissaient immédiatement, il faudrait 5 à 7 millions d’années pour retrouver une niveau de biodiversité équivalent à celui précédant l’arrivée de l’homme « moderne ». À ceux qui promeuvent les « Marches pour le climat », les solutions individuelles de « consom’action », l’auteur de cet article rappelle que l’abandon de l’aéroport à Notre-Dame des Landes n’a pas été provoqué par des pétitions mais arraché par la détermination et la résistance acharnée, directe, face à Vinci et aux forces de l’ordre. « La sortie du capitalisme ou la barbarie. Il n’y aura pas d’alternative. »

Un lien est aussi fait avec la résistance dans les rues de Marseille dans un article consacré à l’urbanisme comme « guerre aux pauvres ».

Humour acide, réflexion nourrie, analyse fournie, sont toujours au rendez-vous.



NANTES RÉVOLTÉE – Numéro 4
Nos désirs font désordre
Collectif
48 pages – 2 euros
Nantes – Hiver 2018
https://www.facebook.com/Nantes.Revoltee/
Pour le commander : nantesrevoltee.lejournal@riseup.net 


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