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1 juin 2026

LE TRIMARD

« De temps en temps, dans les journaux, les magazines et les dictionnaires biographiques, je tombe sur des articles me concernant, dont les formules délicates apprennent que c'est pour étudier la sociologie que je suis devenu vagabond. L'attention de ces biographes est fort aimable, mais leur assertion est inexacte. Je suis devenu vagabond – eh bien, en raison de la vie qui coulait en moi, du goût de l'aventure que j'avais dans le sang et qui ne me laissait pas de répit. La sociologie n'a avec cela qu'un rapport indirect ; elle est venue après, de la même manière qu'on est mouillé après un plongeon. » À 18 ans, Jack London prend la route pour « brûler le dur » et voyager comme passager clandestin sur ou sous les trains qui traversent les États-Unis. Du journal qu’il tient alors, il tirera, quelques années plus tard, ce récit.

12 mars 2026

LES HOMMES DANS LA PRISON

Arrêté en 1912, Victor Serge passe cinq années, mille huit cent vingt-cinq jours, en prison. Classé « bandit » anarchiste, « [il] n’étai[t] plus un homme, mais un homme dans la prison. Un détenu. »
Avec une grande précision introspective, dans une langue précise, lucide et raffinée, il décrit son long enfermement. Ainsi, passé par le Dépôt de la Conciergerie, il explique : « On donnait autrefois la question dans les caves de cette même tour. Aujourd'hui, on bertillonne en haut. C'est l'escalier du progrès. »

29 septembre 2025

L’EFFONDREMENT DE LA DÉMOCRATIE ?

Conférences données à São Paulo en octobre 2019, par Angela Davis, Patricia Hill Collins et Silvia Federici, dans le cadre du séminaire international : L’Effondrement en démocratie ?

21 septembre 2025

EXTERMINATION À LA FRANÇAISE

Condamnés aux travaux forcés à perpétuité le 22 mars 1905, Marius Jacob (1878-1954) correspond avec sa mère, seule personne autorisée, tout au long de sa détention puis de sa déportation au bagne de Cayenne.

20 juin 2025

LES ENFANTS DE CAÏN

Avec cet ouvrage paru en 1925, Louis Roubaud (1884-1941) dénonce « la honte des bagnes d’enfants ». Il raconte leurs terribles conditions de détention : humiliations, punitions et privations, sévices physiques, voire sexuels, exploitation, après avoir assisté à des audiences du tribunal des enfants et visité les colonies pénitentiaires d’Eysses, Aniane et Belle-Île-en-Mer, où l’on enferme les garçons, celles de Doullens et Clermont, où sont détenues les filles.

15 septembre 2024

LE VAGABOND DES ÉTOILES

Darrell Standing, ex-professeur d’agronomie à l’Université de Californie, attend dans le couloir de la mort de Folsom et entreprend de raconter… ses vies. Pour survivre aux longues séances de camisole de force, il plonge son corps en catalépsie, ouvrant à son esparit les portes de la mémoire de ses existences antérieures. Et comme il est incapable d’avouer où se trouve la dynamite qu’on l’accuse, à tort, d’avoir introduite dans la prison, les supplices se multiplient.

22 décembre 2023

« DU FRIC OU ON VOUS TUE ! »

Dans les années 1980, réfractaire au travail, une bande de jeunes hors-la-loi révolutionnaires emprunte le nom des bandits du Nordeste brésiliens, Os Cangacairos, pour arnaquer les banques et prêter main-forte aux luttes qui agitent les prisons, les usines et les banlieues.

8 octobre 2023

L’INCORRIGIBLE

Aux archives nationales d'Outre-mer, à Aix-en-Provence, Roland Cros découvre les traces d'un homonyme qui porte le prénom de son père. Quelques documents lui apprennent que « Louis Cros, dit “Minel“, matricule n° 8157, né à Lacaune (Tarn) le 7 octobre 1832, avait été condamné aux travaux forcés par la cour d'assises de l'Aude le 23 février 1857 pour vol avec effraction, que son état de récidiviste “se donnant à l'oisiveté et au vagabondage“ l'avez automatiquement conduit, en sa qualité d’irrécupérable, au bagne colonial de Guyane et qu’il y était mort le 6 novembre 1867 ». Hanté pendant plusieurs années par l’itinéraire de ce bagnard ordinaire, il décide de s’en inspirer pour réaliser les quatre-vingt-dix planches en noir et blanc d’un roman gravé, sans parole.

1 décembre 2022

« JE SUIS LIBRE… DANS LE PÉRIMÈTRE QU’ON M’ASSIGNE »

Assigné à résidence depuis 2008, Kamel Daoudi chronique sa lutte quotidienne face au labyrinthe administratif qui l’enferme sans le dire.

2 novembre 2021

LA DOMINATION POLICIÈRE

En prétendant défendre ce que l'État appelle l’ « ordre public », la police légitime son fonctionnement réel en cachant le fait qu'elle protège un ordre social inégalitaire. La violence physique et psychologique qu’elle produit rationnellement, par « les rondes et la simple présence, l'occupation virile et militarisée des quartiers, les contrôles d’identité et les fouilles au corps, les chasses et les rafles, les humiliations et les insultes racistes et sexistes, les intimidations, les menaces, les coups et les blessures, les perquisitions et les passages à tabac, les techniques d'immobilisation et les brutalisations, les mutilations et les pratiques mortelles », sont « les conséquences de mécaniques instituées, de procédures législatives et judiciaires, de méthodes et de doctrines enseignées et encadrées par les écoles et les administrations ». Mathieu Rigouste établit une généalogie de la police, depuis son origine coloniale, analyse l’évolution des figures de l’ennemi intérieur, depuis les « fellaghas » jusqu’aux « sauvageons de banlieue », l’élaboration et la légitimation idéologique de ce système coercitif jusqu'à sa mise en œuvre sur le terrain, pour assurer « la reproduction de la domination raciste, patriarcale et capitaliste ».

4 juin 2021

POUVOIR ET DISPARITION - Les camps de concentration en Argentine

Pilar Calveiro, docteur en sciences politiques, rescapée des camps et de la torture, revient sur l’expérience concentrationnaire sous la dictature argentine, pour montrer comment le pouvoir totalitaire parvient à dépolitiser la société en dépossédant l’Autre (l’opposant, le subversif) de toute humanité en le torturant, de tout pouvoir en le coupant du monde, de toute existence en le faisant disparaitre.

30 avril 2021

PRISON N°5

Zehra Doḡan, journaliste et artiste kurde est condamnée à 2 ans, 9 mois et 22 jours de prison pour « propagande terroriste »… après avoir dessiné la destruction de la ville de Nusaybin ! Elle réussit à faire sortir de prison les planches qu’elle réalise au quotidien et qui témoignent de la vie dans les geôles turques : « C’est eux qui ont détruit et brûlé les villes. Moi, je n’ai fait que le dépeindre. »

27 janvier 2021

L’HOMME HÉRISSÉ - Liabeuf, tueur de flics

Injustement accusé de proxénétisme par des ripoux de l’ex-brigade des moeurs, arrêté et condamné, Jean-Jacques Liabeuf, dit le Bouif, ouvrier cordonnier dans le quartier des Halles, décide de laver son honneur. Il se forge des brassards cloutés, s’arme d’un surin et entre dans la légende comme le « tueur de flics ». Yves Pagès relate cette affaire, ainsi que les campagnes de presse qui ont accompagné le procès, transformant un fait divers en mythe.

25 janvier 2021

LE DZIKUS - Mon adolescence, dans la résistance, des hauts-fourneaux à Buckenwald

« Même si ça n’intéresse plus grand monde, ces vieilles histoires de Grand Soir et d’avenir radieux », Victor Djlida (1926-1997), dit la Dzikus (le sauvageon, en polonais), raconte son enfance dans le bassin minier lorrain, la Résistance qu’il rejoint naturellement à 16 ans, son arrestation et sa déportation.

22 janvier 2021

« ALTERNATIVES » À LA PRISON

Invité à donner une conférence à Montréal dans le cadre de la Semaine du prisonnier, en 1976, Michel Foucault soutient que les sanctions « alternatives » étendent les murs de la prison à toute la société.

5 mars 2020

CAPITALISME CARCÉRAL

« L’association a priori du fait d’être noir à la criminalité conforte l’Amérique blanche en l’autorisant à croire que les Noirs méritent leur sort et que la prospérité des Blancs n’a aucun lien avec la misère des Noirs. » Jackie Wang a réalisé combien, « partout aux États-Unis, les finances des municipalités et des États étaient de plus en plus dépendantes des mécanismes coercitifs visant à extorquer et à piller les populations démunies ». Suite au soulèvement de Ferguson, le Département de la Justice a découvert que la police harcelait et assassinait effectivement les citoyens, mais aussi que celle-ci été utilisée par la mairie pour leur extorquer de l’argent afin d’augmenter les recettes de la municipalité. Avec ce livre, elle fustige, analyses à l’appui, l’État prédateur, ses logiques sécuritaires et ses processus de racialisation des corps, au service du néolibéralisme.

15 janvier 2020

L’AFFAIRE AUDIN (1957-1978)

Dans la nuit du 11 au 12 juin 1957, le mathématicien Maurice Audin, assistant à la faculté des sciences, est arrêté à son domicile, rue Flaubert à Alger, par les parachutistes du 1er RCP. Personne ne le reverra bien que ses gardiens affirment qu’il se soit évadé. Dès mai 1958, Pierre Vidal-Naquet réfute cette théorie et démontre que Maurice Audin serait mort sous la torture.

28 juin 2019

LA QUESTION

Directeur d’Alger Républicain de 1950 jusqu’à son interdiction en 1955, Henri Alleg doit passer dans la clandestinité en novembre 1956 pour échapper aux mesures d’internement qui frappe la plupart des collaborateurs du journal. Arrêté le 12 juin 1957, il est séquestré un mois entier et livre ici le récit de sa détention, dénonçant les tortures dont il a été victime.

3 février 2019

CONDAMNÉ AU SILENCE

Avec ces textes, Mumia Abu-Jamal brise le silence que lui impose l’administration pénitentiaire. En effet, tout se passe comme si les règlements (qui n’existent parfois même pas !) prévalaient sur la Constitution, notamment le 1er amendement garantissant la liberté d’expression, pour l’empêcher de s’exprimer dans les médias depuis sa cellule, les autorités de Pennsylvanie exerçant « une censure politique » pour le baîllonner. « En direct du couloir de la mort, Mumia Abu-Jamal vous parle. »

1 octobre 2018

RADICALISATION EXPRESS - Du gaullisme au Black Bloc

Alors qu'il n'a jamais participé à une manifestation de sa vie, Nicolas Fensch, informaticien de 39 ans, assiste aux provocations violentes et injustifiées de la police contre les manifestants opposés à la loi travail. Sa colère ne trouve dès lors à s'exprimer que dans le cortège de tête. Il prend la parole aujourd’hui pour raconter son parcours jusqu’au geste pour lequel il a été condamné dans « l’affaire du Quai de Valmy ».