Au-delà de ses relations anecdotiques de quelques escapades mexicaines, Neige Sinno cherche à comprendre l’influence de la littérature sur les voyageurs et sur leur appréhension de la réalité. « [S]a vision du pays était avant tout essentialiste, absolument anhistorique, construite par des mythes et des discours poétiques, des représentations esthétiques et philosophiques fondées sur des projections plus que sur des recherches proprement dites ».
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27 avril 2025
17 mars 2024
FRONTIÈRES ET DOMINATION
La militante Harsha Walia, cofondatrice du groupe de défense des droits des migrants No One Is Illegal, présente la frontière comme « méthode essentielle de formation de l'État impérial, de hiérarchisation sociale, de contrôle de la main-d'œuvre et de promotion du nationalisme xénophobe ». Une enquête mondiale qui, mettant au jour des tendances transnationales et les resituant dans leur contexte d’asymétrie, bouscule les récits dominants sur la « crise migratoire », brandie comme une menace, bien que le résultat inévitable de la colonisation, de la mondialisation capitaliste et des dérèglements climatiques.
10 février 2024
TERRES REBELLES
En octobre 2020, les Zapatistes diffusent un communiqué depuis le Chiapas, annonçant la venue prochaine d’une délégation en Europe, qu’ils renomment Slumil K’ajxemk’op (« Terre rebelle »), pour une « conquête inversée », afin de répandre le virus de la résistance.
5 novembre 2023
ÉCHO DU MEXIQUE INDIEN ET REBELLE
Avec ces deux essais, Alèssi Dell’Umbria rend compte de la résistance des peuples indigènes du Mexique ces dernières années. À Oaxaca, alors que la Gualaguetza traditionnelle a été confisquée par le pouvoir, dépolitisée en devenant un spectacle folklorique destiné aux touristes, l’organisation parallèle d’une autre Gualaguetza tente de la ramener à ses sources populaires et démocratiques. Par ailleurs, la communauté d’Ostula s’organise publiquement pour faire entendre ses droits sur ses terres communales menacées. Deux exemples de mobilisation éclipsés par les luttes du Chiapas, plus souvent documentées.
17 octobre 2023
DES OS DANS LE DÉSERT
Le journaliste Sergio González Rodríguez (1950-2017) a enquêté sur la vague de féminicides survenue à Ciudad Juárez, au Mexique. Entre les gangs sataniques et leurs rituels, les relations très ambigües, voire les complicités des narco-trafiquants avec les politiciens locaux, il met à jour un système qui organise les rapports de domination en même temps que l’impunité d’une « machine à exterminer les femmes ».
3 mars 2022
NOUS SANS L’ÉTAT
« Il y a environ trois cents ans, par le biais d'un processus complexe, le monde a commencé à privilégier une monoculture sociopolitique qui a morcelé la planète en entités légales et juridiques dénommées État-nations, ou plus communément, pays. Selon cette tradition, seule la tutelle de l'État et de son cadre juridique est capable d'organiser la vie en commun. L'État s'obstine à contrôler la totalité des interactions sociales. Malgré cela, des structures émergent et résistent dans le monde entier, nous rappelant l'existence d'autres façons, plurielles, de nous organiser en tant que sociétés, en opposition à cette monoculture sociopolitique, et ce notamment parmi les peuples indigènes du monde. L'État est la structure sociopolitique qui s'est avérée la plus opérante pour le colonialisme et le capitalisme, mais il existe partout des démarches qui tendent vers d'autres possibilités. » Yásnaya Elena Aguilar Gil, née dans la montagne Mixe de l’État d’Oaxaca, formée en littérature et en linguistique à l’université de l’UNAM, passe l’État et ses différents dispositifs, au crible de sa critique, pour proposer d’autres options.
8 février 2021
VIVA L’ANARCHIE ! - seconde partie
Suite du récit de la rencontre entre Nestor Makhno et Buenavuentura Durruti à Vincennes, en juillet 1927. Après un premier opus essentiellement théorique et plutôt accès sur leur engagement politique, ce second tome évoque leur mise en pratique.
2 février 2021
L’ÉVASION D’UN GUÉRILLERO - Écrire la violence
Militant de l’Armée populaire révolutionnaire (EPR), Andrés Tzompaxtle Tecpile, dit Rafael, est enlevé, détenu et torturé par l’armée mexicaine en 1996. Par un récit polyphonique, fruit d’un long travail d’enquête de terrain, le journaliste américain John Gibler dévoile la stratégie contre-insurrectionnelles de l’État mexicain. Il interroge également le processus d’écriture, les rapports de celle-ci avec une supposée objectivité, avec les partis-pris, la violence qu’elle impose en voulant témoigner. Adaptant un mot d’ordre zapatiste, il défend la forme d’un écrit qui écoute (escribir escuchando). « Ce livre cherche à utiliser une arme coloniale, l’écriture, pour combattre la violence coloniale. »
24 janvier 2021
REVENIR À NAPLES
Fuyant une conjuration contre les anarchistes, Lucio Doria s’enfuit de Naples, « une ville pleine de couleurs et de parfums », pour le Mexique, en compagnie d’un groupe hétéroclite avec qui il va fonder une commune agricole. Quatre-vingts ans plus tard, il fait le voyage inverse pour retrouver les « fantômes » de ses compagnons disparus et raconter les événements tels qu’il se les rappelle, tels qu’il les invente, tels qu’il les reconstruit.
24 novembre 2020
BANDITS ET BRIGANDS
Huit figures du « banditisme social » racontées par huit auteurs. Classique ou contemporain, solitaire ou en bande, sur tous les continents, chacun-e à sa manière s’est érigé-e en justicier-ère.
6 août 2020
DES OMBRES À L’AUBE - Un massacre d’Apaches et la violence de l’histoire
Karl Jacoby, professeur d’histoire à l’Université Columbia, enquête sur l’assassinat, pendant leur sommeil, de plus de cent quarante Apaches, en majorité des femmes et des enfants, à l’aube du 30 avril 1871, dans le canyon d’Aravaipa, situé à quatre-vingt-dix kilomètres de Tucson, en Arizona, connu sous le nom de Massacre de Camp Grant. Il juxtapose quatre récits, correspondant aux quatre communautés impliquées, et la mémoire que chacune en a conservée. Confronté à un ensemble de discours interprétatifs différents, il interroge les raisons profondes de la violence dans l’Ouest américain. « L’apparente inéluctabilité de l’histoire de l’Ouest – la Destinée manifeste (Manifest Destiny), l’expansion nationale américaine, la dépossession territoriale et la soumission des indiens – nous ont longtemps désensibilisés à la fois vis-à-vis de la violence et des autres spécificités de la région. Dès lors que l’on commence à penser l’Ouest non plus seulement comme l’ « Ouest » – c’est-à-dire la portion du territoire américain située au-delà du Mississippi – mais comme l’extension du Nord du Mexique et la terre natale d’un réseau complexe de communautés indiennes, nous permettons à différents scénarios concernant cet espace d’émerger. »26 juillet 2020
PETITE HISTOIRE DU GRAND TEXAS
Exercice de vulgarisation historico-comique en bandes dessinées : l’histoire des États-Unis racontés par Mohammed ben Youssef et par le seul prisme de l’État du Texas, depuis la colonisation (la « première guerre bactériologique »), les guerres avec le Mexique, l’annexion, la guerre de Sécession, jusqu’aux années récentes avec les présidents texans (Lyndon Johnson puis Bush père et fils), et même un peu plus loin.25 juin 2020
HOMMES DE MAÏS, COEURS DE BRAISE - Cultures indiennes en rébellion au Mexique
Après 1994, la rébellion zapatiste a éveillé et inspiré les consciences bien au-delà du Chiapas, trouvant un écho dans le mouvement anti-mondialisation, de Seattle à Gênes, mais aussi dans les autres communautés indigènes du Mexique. Georges Lapierre, Joani Hocquenghem et d’autres, sont allés à la rencontre de celle-ci pour comprendre leur lutte pour leurs cultures et, au-delà, pour l'autonomie.17 mai 2020
LE SOCIALISME SAUVAGE
La démocratie directe prit forme en 1789, traversa les époques révolutionnaires, de la Commune de Paris aux soviets de la révolution russe et aux conseils dans l’Allemagne des années 1920, jusqu’aux mouvements de contestation de Mai 68, du 15M en Espagne, d’Occupy aux États-Unis et des Printemps arabes. Charles Reeve explore les courants spontanés, autonomes et émancipateurs des mouvements sociaux, rejetés par les chefs du socialisme orthodoxe qui les qualifiaient d’hérétiques, de sauvages, car ils leur échappaient. Convaincu que « le processus contradictoire de subversion du capitalisme ne peut se développer que dans et par l’organisation assumée collectivement de nouvelles formes de vie, de production et de consommation par les intéressés eux-mêmes », il suit le fil rouge, le fil rouge et noir du « socialisme sauvage ».1 mars 2020
DIX QUESTIONS SUR L’ANARCHISME
Guillaume Davranche présente de façon extrêmement synthétique l’anarchisme, comme courant politique très structuré, porteur d’une alternative au capitalisme et d’une vision globale de transformation de la société, à partir de ses fondamentaux idéologiques, tout en se référant aux pratiques existantes. 1 février 2020
EUX & NOUS
Cette série de communiqués, dont la publication s’est étalée de janvier à mars 2013, constitue, en quelque sorte, une Sixième Déclaration, version 2.0. L’Autre Campagne et la Zeztas Internazional qui avaient accompagné la marche zapatiste lors de la campagne présidentielle mexicaine de 2006, laissent la place à la Sexta, unifiant les perspectives nationale et internationale pour accéder la réflexion sur ce que pourrait être un monde post-capitaliste.27 janvier 2020
AGIR ICI ET MAINTENANT : Penser l’écologie sociale de Murray Bookchin
Floréal M. Roméro présente l’oeuvre de Murray Bookchin, son cheminement critique et politique. Il propose de trouver des réponses dans l’écologie sociale et le municipalisme libertaire, sans reproduire les cadres structurels du nationalisme et de la mondialisation capitaliste, à partir des exemples concrets du Chiapas, du Rojava et de la révolution anarchiste espagnol de 1936, et de retrouver une puissance d’agir ici et maintenant. Cette pensée révolutionnaire, « à la fois complexe et cohérente, perspicace sans être dogmatique », démontre que « la catastrophe écologique était la suite logique des dérèglements sociaux » accélérés par un capitalisme prédateur et que l’outil le plus adapté pour y remédier est « l’autogestion de tout ce qui nous incombe jour après jour ».18 août 2019
ADIEUX AU CAPITALISME Autonomie, société du bien être et multiplicité des mondes
« Il n’y a pas d’alternative : telle est la conviction que les formes de domination actuelles sont parvenues à disséminer dans le corps social. » S’inscrivant dans le nouveau cycle de la critique sociale, amorcé à partir du milieu des années 1990, après les décennies du triomphe néolibéral, Jérôme Baschet propose de partir d’une critique émancipatrice du capitalisme et de son engrenage productiviste-destructif, pour affirmer un projet alternatif, enracinant sa réflexion dans le sol des expériences concrètes, « utopies réelles » mises en oeuvres actuellement à travers le monde. Il s’agit de « penser une organisation sociale capable de soumettre les nécessités productives au principe du « bien vivre » pour tous et aux décisions collectivement assumées qui en découlent ». Une digne colère gronde : la lutte contre le capitalisme est la lutte pour l’humanité.1 février 2019
LA RÉBELLION ZAPATISTE
Pour déjouer la logique médiatique qui réduit les réalités sociales et les rend incompréhensibles en concentrant les projecteurs sur un fait individuel, « ruse du spectacle ambiant qui s’efforce de neutraliser ses ennemis en les façonnant à son image », Jérôme Baschet entreprend avec cet ouvrage moins de revenir sur l’histoire du mouvement zapatiste depuis 1994 que de cerner la contribution de celui-ci à la « reconstruction d’une réflexion et d’une pratique critiques, à la fois radicales et rénovées » : 1994 représente un « anti-1989 », une dénonciation du mensonge de « la fin de l’histoire auto-proclamée au profit du capitalisme triomphant », obligeant celle-ci à « reprendre sa marche ».17 janvier 2019
ZAPATA EST VIVANT !
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