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17 mai 2025

CONSTITUTION

Alors que depuis la dissolution de juin 2024, la Constitution (ré)apparaît comme un enjeu central dans une bataille interprétative, Eugénie Mérieau, juriste constitutionnaliste, revient sur ce texte supposé normatif et ses (mes)usages. « Le droit constitutionnel, c'est l'ensemble des liens qui retiennent Ulysse attaché à son mât, au moment où emporté par l’hubris il ne répond plus de rien, ni de lui ni de son vaisseau ni de ses hommes, et succombe en médiocre mortel à la tentation du tragique. » 

22 avril 2025

QUAND LES ÉLÈVES SE RÉVOLTAIENT

En 2047, douze ans après l’Effondrement de la société industrielle, ce manuel d’histoire revient sur la conception de la démocratie propre au monde d’Avant et sur les nombreuses mobilisations de jeunes qui n’acceptaient pas le monde tel qu’il était.

18 octobre 2024

ESSAIS D’HÉRÉSIE

Alors que l’hérésie semble moins facile et moins dangereuse à pratiquer qu’il n’y a pas si longtemps, Luis Andrés Bredlow a identifié « les successeurs de Dieu dans notre monde – l'État et l'Argent, le Travail et le Marché, Le Progrès et le Futur », et tente de « blasphémer » contre quelques unes des manifestations les plus évidentes « du cœur du désordre dominant » : la barbarie urbanistique ; la manie de tout réformer et restructurer en permanence ; la substitution de l'air par son succédané chimique ; la confusion entre le service public et les prestations personnalisées des bureaucraties étatiques ; le fléau du tourisme (qui est le contraire du voyage) ; la condamnation des études à se convertir en une sorte de simulacre du travail à l’usine ; les trafics de substances mortifères et le commerce fondé sur leur prohibition ; le culte démentiel voué à la grande vitesse ; la superstition de la majorité qui prend le nom aujourd'hui de démocratie ; la civilisation et l’assimilation des traditions populaires vivantes au spectacle des identités culturelles.

20 septembre 2024

L’ANTIFASCISME

L’antifascisme est « une tradition politique légitime, héritée d’un siècle de luttes dans le monde entier ». L’historien Mark Bray revient sur cette histoire et documente l’antifacisme actuel, sur la base d’entretien réalisé dans différents pays d’Amérique du Nord et d’Europe. Il défend un « antifasciste du quotidien » à la portée de tous.

13 août 2023

LE CHEF CONTRE L’HOMME

« Nous ne devons pas oublier, écrivait Clara Zetkin en 1923, que le fascisme est le mouvement des éléments sociaux déçus et privés de moyens d’existence. » Les éléments qu'a observé Marcel Martinet « dans les pays où il semble exercer une domination d’une ampleur et d'une précision inouïe » confirme cette définition. Il se propose d'examiner les conditions historiques de son établissement et de son maintien, et rédige, fin 1933, cette analyse des mécanismes du fascisme qu’il invite à combattre, à commencer en cessant de respecter la hiérarchie, profondément ancrée dans les normes de toute société inégalitaire.

27 mars 2023

LA HAINE DE LA DÉMOCRATIE

Alors que la démocratie est exportée par certains gouvernements à la force des armes, tout en étant par ailleurs considérée comme « le désordre des passions avides de satisfaction », tandis que sont fustigés l’ « individualisme démocratique » et l’ « égalitarisme » qui détruiraient les valeurs collectives et forgeraient un nouveau totalitarisme, Jacques Rancière explique que tous ces discours officiels s’inscrivent dans la continuité de ceux qui dénonçaient, dès l’Antiquité, le scandale du « gouvernement du peuple ». Analysant les liens complexes entre démocratie, politique, république et représentation, il invite à retrouver la puissance subversive de l’idée démocratique.

10 octobre 2022

L’ÉTAT RADICALISÉ

La Ve République est un régime autoritaire, façonné par des coups de force militaires, qui octroie aux présidents successifs des pouvoir exorbitants sur les questions de défense nationale. L’armée française, présente de nos jours dans les rues, les Conseils de défense sanitaire et partout dans le monde où les intérêts de Total, Bolloré et autres sont menacés. Les lois liberticides se succèdent et se multiplient, accordant à l’Administration et à la police de plus en plus de pouvoir, hors de tout contrôle démocratique. Claude Serfati, enseignant-chercheur en sciences économiques à l’université de Saint-Quentin-en-Yvelines, analyse la « radicalisation de l’État français » avec la convergence d’un activisme militaire et d’un durcissement sécuritaire qui visent les populations des quartiers populaires et tous ceux qui contestent l’ordre social.

15 mars 2022

COMMENT S’OCCUPER UN DIMANCHE D’ÉLECTION

François Bégaudeau se revendique abstentionniste non-prosélyte, presque nonchalant et reconnait que « tenir en main la carte et a fortiori l’utiliser m’aurait sûrement noué d’émotion si j’étais le fils d’immigrés ayant ramé pour obtenir la nationalité. » S’il n’entend pas gaspiller son temps ni sa salive à répondre à l’ « électeur comminatoire », pour qui « voter est un devoir », s’abstenir, un enfantillage, son flegme est plus éprouvé par « le présupposé, aussi mondialement répandu que l’iPhone, selon lequel le vote est un acte politique ».

15 octobre 2021

ANTHROPOLOGIE ET ANARCHIE DANS LES SOCIÉTÉS POLYCÉPHALES

Thom Holterman, docteur en droit, analyse les sociétés égalitaires d’hier et d’aujourd’hui à partir des travaux de différents anthropologues, principalement l’Allemand Hermann Amborn, mais aussi Marcel Mauss, Marshall Sahlins, Pierre Clastres, David Graeber. Non seulement leurs rapports sociaux basés sur l’égalité et la participation de tous et toutes aux affaires de la cité, sont souvent semblables aux principes de l’anarchisme, mais ces sociétés sont surtout des exemples vivants (ou disparus mais ayant existés) de la mise en pratique (même si elles n’y font pas explicitement référence) de ceux-ci.

8 octobre 2021

REPRENDRE LA TERRE AUX MACHINES

Forts du constat que les alternatives paysannes s’avèrent totalement inoffensives face au complexe agro-industriel, que les consommateurs en changeant leurs habitudes alimentaires ne font que s’enfermer dans des niches créées par l’industrie et le marché et ne parviendront pas à modifier la trajectoire, que les élites politique et économique ne concéderont de bouleversement qu’avec le surgissement d'un mouvement social, les membres de L’Atelier paysan propose des pistes de rupture pour reprendre la terre aux machines, aux lobbies et au capital. « Ce manifeste se veut une contribution à l’émergence d’un large mouvement populaire pour l’autonomie paysanne et alimentaire. » Il s'agit de remettre en cause le choix fondamental fait par les sociétés industrialisées au sortir de la Seconde Guerre mondiale de « produire la nourriture le moins cher possible, dans l'espoir que tout le monde le monde puisse se nourrir à bas prix, et d'étouffer ainsi les revendications salariales et populaires ».

31 août 2021

FIN DE L’OCCIDENT, NAISSANCE D’UN MONDE

Le niveau de vie occidental impose des contraintes écologiques qui interdisent sa généralisation à l’échelle mondiale. Son abaissement s’avère désormais inéluctable pour que chacun ait sa juste part. Hervé Kempf défend un point de vue lucide et clivant, synthétisant et vulgarisant nombre de connaissances économiques et écologiques.

20 juillet 2021

UTOPIES PIRATES - Corsaires maures et Renegados d’Europe

De la fin du XVIe au XVIIIe siècle, des milliers d’Européens, capturés par les États de la côte de Barbarie, se convertirent à l’Islam. Ces Renegados étaient employés par la piraterie barbaresque, apportant les techniques de navigation européennes. Peter Lamborn Wilson s’intéresse plus particulièrement à la petite République pirate de Rabat-Salé qui, pendant environ cinquante ans, pendant la première moitié du XVIIe siècle, fut une véritable « utopie pirate », indépendante, à la différence d’Alger, Tunis et Tripoli, protectorats de la Sublime Porte.

16 juin 2021

L’ANARCHIE – POUR AINSI DIRE

Dans le monde antique, aussi bien en Chine, en Grèce qu’en Inde, la philosophie était presque exclusivement écrite sous forme de dialogue : la pensée était supposée collective ou « dyadique » et le but de la philosophie était de se cultiver jusqu’à ce que la conscience individuelle soit possible. Si la pensée chrétienne s’était déjà éloignée du dialogue, c’est Descartes qui introduit la césure, renversant entièrement la procédure en commençant par l’individu conscient de soi, puis se demandant comment celui-ci peut établir une communication avec autrui. Une grande partie de la pratique anarchiste repose sur le principe dialogique : « On prête une grande attention à prendre des décisions pragmatiques et coopératives avec des gens qui ont des visions du monde fondamentalement différentes, sans essayer de les convertir à un point de vue particulier. » Cette proposition de discussion avec Mehdi Belhaj Kacem, Nika Dubrovsky et Assia Turquier-Zauberman, ne pouvait donc que ravir David Graeber. Ensemble, ils questionnent l’anarchie dans la sphère du politique.

18 avril 2021

LE CHOIX DE LA GUERRE CIVILE

Dès ses origines, le néolibéralisme a fait le choix de « la guerre civile contre l'égalité au nom de la “liberté“ » en vue de réaliser le projet d’une pure société de marché, prenant des formes diverses, selon les circonstances, pour écraser ses ennemis : se dotant des moyens de la coercition militaire et policière ou se confondant avec l’exercice du pouvoir gouvernemental et se menant par le droit et la loi. « Relire le néolibéralisme sous l'angle de la rationalité stratégique et de la violence qui lui est intrinsèque, c'est remettre en question son interprétation théorique comme ensemble de doctrines ou positions purement idéologiques, et c'est par conséquent analyser le terrain sur lequel il se déploie et qui n'est autre que celui d'une lutte sociale et politique pour imposer sa domination. »

31 mars 2021

LA VIOLENCE : OUI OU NON

En 1987, parait un entretien de Günther Anders avec Manfred Bissinger, dans lequel il reconnaît que, suite à l’accident de Tchernobyl, et bien que vu comme un pacifiste, il en est arrivé à « la conviction qu’on ne peut plus rien atteindre avec la non-violence ». « Nous sommes donc dans un “état d’urgence“. Tous les livres de droit, même ceux de droit canonique, non seulement autorisent la violence mais l'encouragent face à état d’urgence. »

10 mars 2021

DE LA DÉMOCRATIE EN PANDÉMIE

« Covid-19 is not a pandemic » affirme le rédacteur en chef de la revue scientifique The Lancet, mais une « syndémie », « une maladie causée par les inégalités sociales et par la crise écologique entendue au sens large ». Nous ne pourrons donc que tenter de « bloquer la circulation » du virus, si nous continuons à traiter celui-ci comme un événement biologique, sans changer de modèle économique, social et politique, et les accidents sanitaires se multiplieront. Les pouvoirs publics, en effet, ignorent délibérément les causes environnementales et nous préparent à nous adapter à un monde nouveau dans lequel nous serons régulièrement masqués, confinés et survaccinés jusqu’à la fin des temps. Ils ont choisi la répression des citoyens plutôt que leur éducation et de nombreux experts ont cautionné « l’édification d’un monde binaire opposant les “populistes“, accusés de nier le virus, et les “progressistes“, soucieux “quoi qu'il en coûte“ de la vie et de la santé ».

23 février 2021

BASCULEMENTS - Mondes émergents, possibles désirables

Dénonçant la notion d’effondrement, qui dépolitise les enjeux en postulant une trajectoire unique et comme jouée d’avance, Jérôme Baschet, enseignant à l’Universidad Autonoma de Chiapas, à San Cristobal de Las Casas, propose celle de « basculements » qui fait place, au contraire, à l’imprévisibilité croissante de notre temps et au rôle central de la mobilisation politique. Alors qu’ « un microscopique fragment de l’à peine-vivant » a provoqué « la paralysie d'une machinerie aussi ample et ramifiée que l'économie mondiale », supposant la reproduction d’autres crises systémiques du capitalisme, il esquisse plusieurs scénarios, dont celui d'une ouverture des possibles qui nous engagerait vers des manières de vivre échappant aux logiques du système-monde capitaliste.

7 février 2021

GÊNES : 19-20-21 JUILLET 2001 - Multitudes en marche contre l’Empire

Du 19 au 21 juillet 2001, le G8 se réunissait à Gênes, soucieux de démontrer sa puissance politique aux yeux du monde, après les contre-manifestations massives de Seattle, Prague, Davos, Nice, Québec et Göteborg, et d’imposer sa suprématie. Pour la contestation de la mondialisation néolibérale, c’était une nouvelle occasion de dénoncer « un processus de transformation sociale globale que l’on tente d’imposer “par le haut“ ». Des dizaines de milliers d’individus y ont participé, d’une manière ou d’une autre. Ce recueil de documents et de témoignages leur donne la parole pour restituer leur vécu, dans la diversité des sensibilités et des points de vue.

20 octobre 2020

QUE CRÈVE LE CAPITALISME

Plutôt que de se remettre en cause après la crise financière de 2008, les capitalistes ont décidé de poursuivre plus avant, d’adopter un nouveau paradigme réservant un avenir technologique fondé sur la numérisation et l’intelligence artificielle à une élite tandis que la masse de l’humanité vivra dans le chaos climatique, en un apartheid généralisé. Hervé Kempf dresse un constat impitoyable, appelle à entrer en résistance et à lutter pour ouvrir un monde nouveau.

1 octobre 2020

L’ÉCHEC DE LA NON-VIOLENCE

Explorant la plupart des mouvements sociaux à travers le monde, du printemps arabe à Occupy, Peter Gelderloos montre comment les campagnes non-violentes ont contribué aux « ravalements de façade de divers régimes répressifs » et permis aux forces de l’ordre de « restreindre l’extension des mouvements de révolte sociale ». Confrontés à de vives critiques, leurs partisans, non seulement refusent de se nourrir de leurs défaites, mais entretiennent la désinformation et enracinent la non-violence dans la culture populaire grâce au soutien des médias de masse, des universités, des gouvernements, celle-ci devenant « de plus en plus extérieure aux mouvements sociaux tout en s’imposant à eux ». Faisant ainsi apparaître ses multiples faiblesses, il argumente pour une « pluralité des tactiques », « la reconnaissance d’une coexistence de différentes méthodes de lutte », car « nous avons besoin de luttes sociales bien plus fortes si nous voulons vaincre l’État, le capitalisme, le patriarcat qui nous oppriment et nous exploitent, pour créer un monde fondé sur l’entraide, la solidarité, la libre association, sur des relations saines entre nous et avec la Terre. »