Alors que depuis la dissolution de juin 2024, la Constitution (ré)apparaît comme un enjeu central dans une bataille interprétative, Eugénie Mérieau, juriste constitutionnaliste, revient sur ce texte supposé normatif et ses (mes)usages. « Le droit constitutionnel, c'est l'ensemble des liens qui retiennent Ulysse attaché à son mât, au moment où emporté par l’hubris il ne répond plus de rien, ni de lui ni de son vaisseau ni de ses hommes, et succombe en médiocre mortel à la tentation du tragique. »
17 mai 2025
22 avril 2025
QUAND LES ÉLÈVES SE RÉVOLTAIENT
18 octobre 2024
ESSAIS D’HÉRÉSIE
Alors que l’hérésie semble moins facile et moins dangereuse à pratiquer qu’il n’y a pas si longtemps, Luis Andrés Bredlow a identifié « les successeurs de Dieu dans notre monde – l'État et l'Argent, le Travail et le Marché, Le Progrès et le Futur », et tente de « blasphémer » contre quelques unes des manifestations les plus évidentes « du cœur du désordre dominant » : la barbarie urbanistique ; la manie de tout réformer et restructurer en permanence ; la substitution de l'air par son succédané chimique ; la confusion entre le service public et les prestations personnalisées des bureaucraties étatiques ; le fléau du tourisme (qui est le contraire du voyage) ; la condamnation des études à se convertir en une sorte de simulacre du travail à l’usine ; les trafics de substances mortifères et le commerce fondé sur leur prohibition ; le culte démentiel voué à la grande vitesse ; la superstition de la majorité qui prend le nom aujourd'hui de démocratie ; la civilisation et l’assimilation des traditions populaires vivantes au spectacle des identités culturelles.
20 septembre 2024
L’ANTIFASCISME
L’antifascisme est « une tradition politique légitime, héritée d’un siècle de luttes dans le monde entier ». L’historien Mark Bray revient sur cette histoire et documente l’antifacisme actuel, sur la base d’entretien réalisé dans différents pays d’Amérique du Nord et d’Europe. Il défend un « antifasciste du quotidien » à la portée de tous.
13 août 2023
LE CHEF CONTRE L’HOMME
« Nous ne devons pas oublier, écrivait Clara Zetkin en 1923, que le fascisme est le mouvement des éléments sociaux déçus et privés de moyens d’existence. » Les éléments qu'a observé Marcel Martinet « dans les pays où il semble exercer une domination d’une ampleur et d'une précision inouïe » confirme cette définition. Il se propose d'examiner les conditions historiques de son établissement et de son maintien, et rédige, fin 1933, cette analyse des mécanismes du fascisme qu’il invite à combattre, à commencer en cessant de respecter la hiérarchie, profondément ancrée dans les normes de toute société inégalitaire.
27 mars 2023
LA HAINE DE LA DÉMOCRATIE
Alors que la démocratie est exportée par certains gouvernements à la force des armes, tout en étant par ailleurs considérée comme « le désordre des passions avides de satisfaction », tandis que sont fustigés l’ « individualisme démocratique » et l’ « égalitarisme » qui détruiraient les valeurs collectives et forgeraient un nouveau totalitarisme, Jacques Rancière explique que tous ces discours officiels s’inscrivent dans la continuité de ceux qui dénonçaient, dès l’Antiquité, le scandale du « gouvernement du peuple ». Analysant les liens complexes entre démocratie, politique, république et représentation, il invite à retrouver la puissance subversive de l’idée démocratique.
10 octobre 2022
L’ÉTAT RADICALISÉ
La Ve République est un régime autoritaire, façonné par des coups de force militaires, qui octroie aux présidents successifs des pouvoir exorbitants sur les questions de défense nationale. L’armée française, présente de nos jours dans les rues, les Conseils de défense sanitaire et partout dans le monde où les intérêts de Total, Bolloré et autres sont menacés. Les lois liberticides se succèdent et se multiplient, accordant à l’Administration et à la police de plus en plus de pouvoir, hors de tout contrôle démocratique. Claude Serfati, enseignant-chercheur en sciences économiques à l’université de Saint-Quentin-en-Yvelines, analyse la « radicalisation de l’État français » avec la convergence d’un activisme militaire et d’un durcissement sécuritaire qui visent les populations des quartiers populaires et tous ceux qui contestent l’ordre social.
15 mars 2022
COMMENT S’OCCUPER UN DIMANCHE D’ÉLECTION
15 octobre 2021
ANTHROPOLOGIE ET ANARCHIE DANS LES SOCIÉTÉS POLYCÉPHALES
Thom Holterman, docteur en droit, analyse les sociétés égalitaires d’hier et d’aujourd’hui à partir des travaux de différents anthropologues, principalement l’Allemand Hermann Amborn, mais aussi Marcel Mauss, Marshall Sahlins, Pierre Clastres, David Graeber. Non seulement leurs rapports sociaux basés sur l’égalité et la participation de tous et toutes aux affaires de la cité, sont souvent semblables aux principes de l’anarchisme, mais ces sociétés sont surtout des exemples vivants (ou disparus mais ayant existés) de la mise en pratique (même si elles n’y font pas explicitement référence) de ceux-ci.
8 octobre 2021
REPRENDRE LA TERRE AUX MACHINES
Forts du constat que les alternatives paysannes s’avèrent totalement inoffensives face au complexe agro-industriel, que les consommateurs en changeant leurs habitudes alimentaires ne font que s’enfermer dans des niches créées par l’industrie et le marché et ne parviendront pas à modifier la trajectoire, que les élites politique et économique ne concéderont de bouleversement qu’avec le surgissement d'un mouvement social, les membres de L’Atelier paysan propose des pistes de rupture pour reprendre la terre aux machines, aux lobbies et au capital. « Ce manifeste se veut une contribution à l’émergence d’un large mouvement populaire pour l’autonomie paysanne et alimentaire. » Il s'agit de remettre en cause le choix fondamental fait par les sociétés industrialisées au sortir de la Seconde Guerre mondiale de « produire la nourriture le moins cher possible, dans l'espoir que tout le monde le monde puisse se nourrir à bas prix, et d'étouffer ainsi les revendications salariales et populaires ».
31 août 2021
FIN DE L’OCCIDENT, NAISSANCE D’UN MONDE
20 juillet 2021
UTOPIES PIRATES - Corsaires maures et Renegados d’Europe
16 juin 2021
L’ANARCHIE – POUR AINSI DIRE
Dans le monde antique, aussi bien en Chine, en Grèce qu’en Inde, la philosophie était presque exclusivement écrite sous forme de dialogue : la pensée était supposée collective ou « dyadique » et le but de la philosophie était de se cultiver jusqu’à ce que la conscience individuelle soit possible. Si la pensée chrétienne s’était déjà éloignée du dialogue, c’est Descartes qui introduit la césure, renversant entièrement la procédure en commençant par l’individu conscient de soi, puis se demandant comment celui-ci peut établir une communication avec autrui. Une grande partie de la pratique anarchiste repose sur le principe dialogique : « On prête une grande attention à prendre des décisions pragmatiques et coopératives avec des gens qui ont des visions du monde fondamentalement différentes, sans essayer de les convertir à un point de vue particulier. » Cette proposition de discussion avec Mehdi Belhaj Kacem, Nika Dubrovsky et Assia Turquier-Zauberman, ne pouvait donc que ravir David Graeber. Ensemble, ils questionnent l’anarchie dans la sphère du politique.
18 avril 2021
LE CHOIX DE LA GUERRE CIVILE
Dès ses origines, le néolibéralisme a fait le choix de « la guerre civile contre l'égalité au nom de la “liberté“ » en vue de réaliser le projet d’une pure société de marché, prenant des formes diverses, selon les circonstances, pour écraser ses ennemis : se dotant des moyens de la coercition militaire et policière ou se confondant avec l’exercice du pouvoir gouvernemental et se menant par le droit et la loi. « Relire le néolibéralisme sous l'angle de la rationalité stratégique et de la violence qui lui est intrinsèque, c'est remettre en question son interprétation théorique comme ensemble de doctrines ou positions purement idéologiques, et c'est par conséquent analyser le terrain sur lequel il se déploie et qui n'est autre que celui d'une lutte sociale et politique pour imposer sa domination. »
31 mars 2021
LA VIOLENCE : OUI OU NON
En 1987, parait un entretien de Günther Anders avec Manfred Bissinger, dans lequel il reconnaît que, suite à l’accident de Tchernobyl, et bien que vu comme un pacifiste, il en est arrivé à « la conviction qu’on ne peut plus rien atteindre avec la non-violence ». « Nous sommes donc dans un “état d’urgence“. Tous les livres de droit, même ceux de droit canonique, non seulement autorisent la violence mais l'encouragent face à état d’urgence. »
10 mars 2021
DE LA DÉMOCRATIE EN PANDÉMIE
« Covid-19 is not a pandemic » affirme le rédacteur en chef de la revue scientifique The Lancet, mais une « syndémie », « une maladie causée par les inégalités sociales et par la crise écologique entendue au sens large ». Nous ne pourrons donc que tenter de « bloquer la circulation » du virus, si nous continuons à traiter celui-ci comme un événement biologique, sans changer de modèle économique, social et politique, et les accidents sanitaires se multiplieront. Les pouvoirs publics, en effet, ignorent délibérément les causes environnementales et nous préparent à nous adapter à un monde nouveau dans lequel nous serons régulièrement masqués, confinés et survaccinés jusqu’à la fin des temps. Ils ont choisi la répression des citoyens plutôt que leur éducation et de nombreux experts ont cautionné « l’édification d’un monde binaire opposant les “populistes“, accusés de nier le virus, et les “progressistes“, soucieux “quoi qu'il en coûte“ de la vie et de la santé ».
23 février 2021
BASCULEMENTS - Mondes émergents, possibles désirables
7 février 2021
GÊNES : 19-20-21 JUILLET 2001 - Multitudes en marche contre l’Empire
Du 19 au 21 juillet 2001, le G8 se réunissait à Gênes, soucieux de démontrer sa puissance politique aux yeux du monde, après les contre-manifestations massives de Seattle, Prague, Davos, Nice, Québec et Göteborg, et d’imposer sa suprématie. Pour la contestation de la mondialisation néolibérale, c’était une nouvelle occasion de dénoncer « un processus de transformation sociale globale que l’on tente d’imposer “par le haut“ ». Des dizaines de milliers d’individus y ont participé, d’une manière ou d’une autre. Ce recueil de documents et de témoignages leur donne la parole pour restituer leur vécu, dans la diversité des sensibilités et des points de vue.
20 octobre 2020
QUE CRÈVE LE CAPITALISME
1 octobre 2020
L’ÉCHEC DE LA NON-VIOLENCE
Explorant la plupart des mouvements sociaux à travers le mon
de, du printemps arabe à Occupy, Peter Gelderloos montre comment les campagnes non-violentes ont contribué aux « ravalements de façade de divers régimes répressifs » et permis aux forces de l’ordre de « restreindre l’extension des mouvements de révolte sociale ». Confrontés à de vives critiques, leurs partisans, non seulement refusent de se nourrir de leurs défaites, mais entretiennent la désinformation et enracinent la non-violence dans la culture populaire grâce au soutien des médias de masse, des universités, des gouvernements, celle-ci devenant « de plus en plus extérieure aux mouvements sociaux tout en s’imposant à eux ». Faisant ainsi apparaître ses multiples faiblesses, il argumente pour une « pluralité des tactiques », « la reconnaissance d’une coexistence de différentes méthodes de lutte », car « nous avons besoin de luttes sociales bien plus fortes si nous voulons vaincre l’État, le capitalisme, le patriarcat qui nous oppriment et nous exploitent, pour créer un monde fondé sur l’entraide, la solidarité, la libre association, sur des relations saines entre nous et avec la Terre. »

















