19 février 2020

TINTE-CABOCHE

« Tinte-Caboche est né du feu et des flammes.
Enfanté dans les vapeurs infernales.
Modelé dans le martèlement sourd
de mécaniques stridentes et dévorantes. »
Ce casque de soldat, à peine sorti de l’usine, rejoint le front où il sauvera souvent le vie d’Étienne, jusqu’au jour où le souffle d’un obus…

18 février 2020

UN COEUR EN COMMUN - La Belge histoire de la sécurité sociale

Comment naquit la sécurité sociale belge, négociée clandestinement pendant pendant l’Occupation entre patrons et syndicats, « oeuvre de compromis saupoudrée de gros bon sens bien belge » imposée à la Libération sur les ruines du pays. Harald Franssen raconte cette épopée par le regard de deux enfants qui espionnent leurs discrètes réunions. Il alterne ce récit avec celui de l’hospitalisation de sa propre fille à sa naissance et de l’opération à coeur ouvert qu’elle subit, ainsi que ceux d’autres destins tragiques qu’il a croisés à cette occasion.

17 février 2020

LE VENIN DANS LA PLUME - Édouard Drumont, Éric Zemmour et la part sombre de la République

Replaçant le cas Zemmour dans une perspective historique, notamment dans une certaine continuité du parcours d’Édouard Drumont, Gérard Noiriel analyse la « matrice du discours réactionnaire » développée par ces polémistes, leur rhétorique, leur réception, et proposent des pistes pour combattre efficacement cette démagogie populiste.

14 février 2020

UN ESPACE INDÉFENDABLE - L’Aménagement urbain à l’heure sécuritaire

Jean-Pierre Garnier, sociologue critique de l’urbanisme, dénonce une entreprise concertée de normalisation de l’espace urbain à des fins très prosaïques de maintien de l’ordre, « un remodelage physique de l’espace construit à des fins plus ou moins explicites de défense sociale contre un nouvel ennemi intérieur » : les « mauvais pauvres ».

13 février 2020

DÉMOCRATIE - Histoire politique d’un mot aux États-Unis et en France

Histoire d’un mot. Pendant deux mille ans, de la Grèce antique jusqu’au milieu du XIXe siècle, « démocratie » a désigné sans discontinué « un régime politique où le peuple se gouverne seul, sans autorité suprême qui puisse lui imposer sa volonté et le contraindre à l’obéissance ». Longtemps terme repoussoir pour les « pères fondateurs » de la démocratie moderne, aux États-Unis et en France, ceux-ci commencent à s’en réclamer pour désigner le régime libéral électoral jusque là nommé « république », dans lequel une poignée de politiciens élus détient le pouvoir, prétendument au nom du peuple souverain. Francis Dupuis-Déri étudie les discours de ces antidémocrates déclarés, dans leur lutte pour le contrôle des institutions et des ressources, pour comprendre comment la définition du sens attribué à la démocratie s’est renversé et a évolué sous leur pression, par soucis d’accroitre leur pouvoir de séduction en période électorale.

9 février 2020

LE CAUCHEMAR DE DON QUICHOTTE - Sur l’impuissance de la jeunesse d’aujourd’hui

« Devant l’insuffisance et l’impuissance des discours critiques de ceux qui se disent hostiles au cours actuel des choses », face à une contestation « prisonnière de l’idéologie du progrès », Matthieu Amiech et Julien Mattern prennent la plume et invitent la gauche à s’affranchir enfin du « mythe du progrès ».

5 février 2020

POUR UNE ÉCONOMIE LIBERTAIRE

Frédéric Antonini propose de mettre en oeuvre une autre économie, « une économie qui ne se contente pas de satisfaire immodérément, ou même modérément, les attentes d’une minorité aux commandes, mais qui tente de répondre sans distinction au besoin de vivre de tous ». Il ne s’agit pas de revenir à une forme régulée de capitalisme, qui n’a jamais été « en mesure de résoudre les problèmes que son propre développement a fini par générer », ni d’adopter le modèle du collectivisme d’État, mais de mettre en place une économie libertaire, dont il se propose de tracer la forme générale.

4 février 2020

HISTOIRE

Loin de se limiter à sa discipline scientifique, l’histoire la déborde. Guillaume Mazeau la définit comme « une pratique sociale » partagée qui englobe absolument « toutes les formes de fabrication du passé » et contribue « à la fabrique du commun ».

2 février 2020

LA VALISE

« Un drôle d’animal arriva un jour couvert de poussière. Il avait l’air fatigué, triste et effrayé. Il traînait une grosse valise derrière lui. » Les autres animaux, inquiets et curieux, l’interrogent sur le contenu de son bagage. Alors qu’il s’endort de fatigue, ils vérifient si celui-ci contient bien, comme il le prétend, une tasse à thé, une table et une chaise, une cabane avec une petite cuisine, une colline entourée d’arbres,…

1 février 2020

EUX & NOUS

Cette série de communiqués, dont la publication s’est étalée de janvier à mars 2013, constitue, en quelque sorte, une Sixième Déclaration, version 2.0. L’Autre Campagne et la Zeztas Internazional qui avaient accompagné la marche zapatiste lors de la campagne présidentielle mexicaine de 2006, laissent la place à la Sexta, unifiant les perspectives nationale et internationale pour accéder la réflexion sur ce que pourrait être un monde post-capitaliste.

29 janvier 2020

LES MARCHANDS DE LA PEUR - La Bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire

« La peur constitue un outil politique fondamental pour les classes dominantes. C’est une technique de gouvernement, une machine de légitimation sur la chaîne de production du contrôle. » Les « experts » de la « bande à Alain Bauer » définissent les « nouvelles menaces » (« l’islamisation de la Nation », les « terroristes » et les « casseurs », « l’invasion migratoire » et les « bandes juvéniles du crime organisé ») qui vont générer des marchés dans le domaine du contrôle des classes populaire, tout en passant sous silence toute une série d’insécurités : la misère, l’exploitation et la précarité, les discriminations et la ségrégation, la pénibilité,… Ils collaborent intensivement avec la classe politique, la police, l’armée, l’industrie et les grand médias pour accumuler des profits sur les marchés de la sécurité.

27 janvier 2020

AGIR ICI ET MAINTENANT : Penser l’écologie sociale de Murray Bookchin

Floréal M. Roméro présente l’oeuvre de Murray Bookchin, son cheminement critique et politique. Il propose de trouver des réponses dans l’écologie sociale et le municipalisme libertaire, sans reproduire les cadres structurels du nationalisme et de la mondialisation capitaliste, à partir des exemples concrets du Chiapas, du Rojava et de la révolution anarchiste espagnol de 1936, et de retrouver une puissance d’agir ici et maintenant. Cette pensée révolutionnaire, « à la fois complexe et cohérente, perspicace sans être dogmatique », démontre que « la catastrophe écologique était la suite logique des dérèglements sociaux » accélérés par un capitalisme prédateur et que l’outil le plus adapté pour y remédier est « l’autogestion de tout ce qui nous incombe jour après jour ».

23 janvier 2020

SOCIOLOGIE DE SAINT-ÉTIENNE

Cette étude s’applique à déconstruire les représentations caricaturales qui s’attachent et dévalorisent l’image de Saint-Étienne, comme ville moyenne emblématique de la désindustrialisation alors qu’elle échappe à la plupart des grilles de lecture habituelles, et à rendre compte avec nuance des réalités, des évolutions historiques, économiques et démographiques. « Au tournant du XXIe siècle, à contre-courant du « triomphe » des villes et des métropoles régulièrement célébré par la doxa économique, Saint-Étienne apparaît donc comme l’une des « perdantes » du tournant postfordiste du capitalisme associant, dans les pays du Nord, désindustrialisation et tertiairisation de l’économie. »

21 janvier 2020

COMMENT LES RICHES DÉTRUISENT LA PLANÈTE

Alors que la crise écologique ne cesse d’empirer et que « le système social qui régit actuellement la société humaine, le capitalisme, s’arc-boute de manière aveugle contre les changements qu’il est indispensable d’opérer si l’on veut conserver à l’existence humaine sa dignité et sa promesse », Hervé Kempf dénonce « l’oligarchie prédatrice » qui maintient l’ordre établi à son avantage et compte sur la croissance matérielle pour faire accepter par les classes subordonnées, l’injustice des positions ».

20 janvier 2020

POUR UNE HISTOIRE AMÉRINDIENNE DE L’AMÉRIQUE

À six ans, Georges E. Sioui, enfant dans une réserve indienne, reçut sa première leçon d’histoire du Canada et apprit que ses ancêtres étaient des sauvages qui menaient une existence d’idolâtrie, de vol, de mensonge et de cannibalisme, dont eut pitié le Roi de France. Il devint historien, souhaitant contribuer à défaire deux idées reçues : la croyance en la supériorité de la culture et de la moralité européenne qu’il nomme « mythe de l’évolution », ainsi que le « mythe de la disparition de l’autochtone ». Il démontre  que « l’être culturel autochtone américain » n’est toujours pas prêt de disparaître et que l’unification idéologique de la société mondiale, l’ « américisation du monde », n’est pas celle que l’on croit.

17 janvier 2020

MYTHOPOÏESE

Depuis que les mésanges ont renversé les États (en ré-écrivant les discours des dirigeants), la pensée animiste s’est installée partout dans le monde : les chefs n’ont plus de pouvoir, les plantes et les animaux sont désormais considérés comme des personnes.

16 janvier 2020

LA CITÉ DU SOLEIL

Dans un long dialogue entre un Chevalier de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et un marin génois de Christophe Colomb, le moine dominicain d’origine calabraise Tommaso Campanella (1508-1588) définit « l’idée d’une réforme de la République chrétienne ». Si la cité idéale qu’il décrit présente des aspects proprement totalitaires dans son organisation et profondément théocratiques, elle repose également sur l’égalitarisme, l’abolition de la propriété privée et de l'argent.

15 janvier 2020

L’AFFAIRE AUDIN (1957-1978)

Dans la nuit du 11 au 12 juin 1957, le mathématicien Maurice Audin, assistant à la faculté des sciences, est arrêté à son domicile, rue Flaubert à Alger, par les parachutistes du 1er RCP. Personne ne le reverra bien que ses gardiens affirment qu’il se soit évadé. Dès mai 1958, Pierre Vidal-Naquet réfute cette théorie et démontre que Maurice Audin serait mort sous la torture.

14 janvier 2020

L’ANARCHIE OU LE CHAOS

L’anarchie n’est pas le chaos. Philippe Godard explore les idées défendues par les anarchistes depuis cent cinquante ans, citant ceux-ci généreusement, convaincu qu’elles permettent encore de répondre aux grandes questions contemporaines.

12 janvier 2020

LES PIRATES DES LUMIÈRES ou la véritable histoire de Libertalia

L’anthropologue américain David Graeber retrace l’histoire des Zana-Malata, population établie au Nord-Est de Madagascar, descendants métissés des pirates qui s’y étaient installés par milliers au début de XVIIIe siècle. Surtout, il défend l’hypothèse d’une influence de leurs pratiques proto-démocratiques, conscientes et intentionnelles, et de leurs expériences sociales radicales, dont la fameuse expérience utopique de Libertalia, sur les penseurs des Lumières.

11 janvier 2020

KANAKY - Sur les traces d’Alphonse Dianou

Le 22 avril 1988, avant-veille du premier tour de l’élection présidentielle, quelques dizaines d’indépendantistes, emmenés par Kahnyapa Dianou, Alphonse de son prénom français, investissent une gendarmerie de l’atoll d’Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie. Joseph Andras collecte les témoignages des proches d’Antoine et des principaux témoins, pour comprendre qui il était, les livre avec ses analyses, intercalés avec le récit de la prise d’otages, comme autant de pièces d’un puzzle qui, petit à petit, va éclairer la personnalité de celui qui fut qualifié de terroriste par la presse et les autorités.

8 janvier 2020

LE VISAGE DE LA LUTTE


Une femme harangue la foule, dénonce crimes et exploitation, invite à la révolte contre celui qu’elle désigne à sa vindicte. L’homme d’affaires aux yeux en forme de dollar parvient, à l’aide de sa police, à s’emparer d’elle. Il la scalpe et se coiffe de sa rouge chevelure, lui arrache son visage hurlant et s’en masque, prenant ainsi les caractéristiques physiques d’un prédateur politique mondialement connu.