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26 janvier 2026

LA MAUVAISE CAUSE

Ancien directeur de publication de Politis et spécialiste du Moyen-Orient, Denis Sieffert analyse les stratégies de désinformation développées par des intellectuels français et les confronte à la réalité. Il dénonce le massacre des Palestiniens à Gaza depuis le 8 octobre 2023, comme « effet d’aubaine » pour « réaliser le projet historique d’appropriation complète et définitive des terres palestiniennes », sans jamais ignorer la douleur provoqué par l’onde de choc du 7-Octobre, ni sous-estimer le fléau de l’antisémitisme.

23 juin 2025

500 ANS DE RÉSISTANCE AUTOCHTONE

Lorsque la colonisation européenne a débuté avec l’arrivée de Christophe Colomb, les peuples autochtones d'Amérique comptaient 50 à 60 millions de personnes et parlaient plus de 1000 langues. En bande dessinée, Gord Hill raconte leur histoire, leurs traditions et surtout plus de 500 ans de résistance collective. 

12 mars 2025

« ON NE PEUT PLUS RIEN DIRE… »

Le juriste Thomas Hochmann montre comment l’extrême droite instrumentalise la liberté d’expression pour la dévoyer et diffuser ses messages de haine et de mensonge. Sur tous les plateaux de télévision, les « nouveaux censurés » lancent à la moindre contradiction et à longueur de journée leur cri d’orfraie : « On ne peut plus rien dire… ». Contre ce piège rhétorique, il propose une stricte application du droit qui interdit les discours haineux et les campagnes de désinformation, sans nuire pour autant au débat public.

2 septembre 2023

APPEL

En octobre 2003, une brochure de 96 pages est imprimée clandestinement et diffusée de la main à la main à des milliers d’exemplaires, appelant à la sécession, à l’établissement d’un ensemble de foyers de désertion et à la constitution d’une force singulière, sensible et située. Julien Coupat présente ce texte devenu introuvable qui, entre activisme et militantisme, tente de trouver un chemin. Quelques autres permettent de l’éclairer et d’en mesurer l’écho jusqu’à aujourd’hui.

1 août 2023

TERRE ET LIBERTÉ

Presque tous nos objets de consommation sont produits par des gens réduits à un travail d’esclave et nous sommes en train de dévaster le monde. Il est temps de sortir de « l’impasse socio-écologique dans laquelle nous nous enfonçons » : nous sommes prisonniers matériellement et mentalement, individuellement et collectivement, « vitalement dépendants d'un système qui sape à terme les conditions de vie de la plupart des êtres vivants ». Interrogeant l’idée de liberté, le philosophe-jardinier Aurélien Berlan révèle une « vieille aspiration à la délivrance » sous l’idéal d’émancipation comme arrachement à la nature, à laquelle il oppose la quête d’autonomie matérielle et politique.

26 août 2022

RÉAPPROPRIATION

L’histoire du capitalisme industriel est celle de la destruction de l’autonomie collective et individuelle. Bertrand Louart, menuisier-ébéniste dans le collectif autogéré de Longo maï, déconstruit  « les illusions progressistes reposant sur la foi qu'une amélioration de la condition humaine résulte nécessairement des avancées scientifiques et techniques, du développement économique et industriel ». Il propose une perspective politique en défendant la voie d’une réappropriation des arts et métiers, d’une reprise en main de nos conditions d’existence, « pour sortir de l'impasse où nous enfonce la société capitaliste et industrielle ».

25 juillet 2022

POUVOIR DE DÉTRUIRE, POUVOIR DE CRÉER

La domination de l’humain sur la nature ne disparaitra pas sans l’élimination de celle de l’humain sur l’humain. Murray Bookchin (1921-2006) propose que l’écologie se fasse sociale pour s’attaquer aux causes profondes des bouleversements actuels : la production et l'échange pour le profit, le gigantisme urbain et technologique, l’assimilation du progrès aux intérêts des entreprises.

2 novembre 2021

LA DOMINATION POLICIÈRE

En prétendant défendre ce que l'État appelle l’ « ordre public », la police légitime son fonctionnement réel en cachant le fait qu'elle protège un ordre social inégalitaire. La violence physique et psychologique qu’elle produit rationnellement, par « les rondes et la simple présence, l'occupation virile et militarisée des quartiers, les contrôles d’identité et les fouilles au corps, les chasses et les rafles, les humiliations et les insultes racistes et sexistes, les intimidations, les menaces, les coups et les blessures, les perquisitions et les passages à tabac, les techniques d'immobilisation et les brutalisations, les mutilations et les pratiques mortelles », sont « les conséquences de mécaniques instituées, de procédures législatives et judiciaires, de méthodes et de doctrines enseignées et encadrées par les écoles et les administrations ». Mathieu Rigouste établit une généalogie de la police, depuis son origine coloniale, analyse l’évolution des figures de l’ennemi intérieur, depuis les « fellaghas » jusqu’aux « sauvageons de banlieue », l’élaboration et la légitimation idéologique de ce système coercitif jusqu'à sa mise en œuvre sur le terrain, pour assurer « la reproduction de la domination raciste, patriarcale et capitaliste ».

1 juin 2021

NOUS NE SOMMES PAS SEULS

En 2016, en Argentine, pour lutter contre les épandages de pesticides sur les champs de soja transgéniques près de leurs maisons, les habitants confectionnent des bombes à graines d’amarante, d’une variété mutante qui résiste au Rondup, provoquant une baisse immédiate de rendement de 70%. Les champs sont rendus aux semences paysannes et aux méthodes traditionnelles, « à même d’assurer l’autonomie alimentaire ». Avec le réchauffement climatique, des icebergs gigantesques menacent les plateformes de forage offshore, algues et méduses prolifèrent et bouchent les entrées d’eau des centrales nucléaires, des fourmis, résistantes aux insecticides mangent les composants des ordinateurs. « Notre planète n'est pas un substrat minéral sur lequel le théâtre de nos vies se déroulerait, mais bien le théâtre lui-même, oeuvre multimillénaire d'actions conjointes bricolées d'une infinité de communautés d'êtres vivants. »
Léna Balaud, agricultrice, chercheuse en philosophie politique, et Antoine Chopot, doctorant en philosophie de l’écologie politique, appellent à refuser la mise au travail de la nature et des hommes au service de « l’écologie ravageuse du capital », « moteur du dérèglement géologique de la planète ». Ils invitent à l’émergence d’un nouveau camp politique entre les héritiers d’une tradition sociale et humaniste, et les défenseurs d’un rapport au vivant où l’humain n’est plus au centre, en forgeant des alliances entre les espèces : une véritable « politique des soulèvements terrestres ».

18 avril 2021

LE CHOIX DE LA GUERRE CIVILE

Dès ses origines, le néolibéralisme a fait le choix de « la guerre civile contre l'égalité au nom de la “liberté“ » en vue de réaliser le projet d’une pure société de marché, prenant des formes diverses, selon les circonstances, pour écraser ses ennemis : se dotant des moyens de la coercition militaire et policière ou se confondant avec l’exercice du pouvoir gouvernemental et se menant par le droit et la loi. « Relire le néolibéralisme sous l'angle de la rationalité stratégique et de la violence qui lui est intrinsèque, c'est remettre en question son interprétation théorique comme ensemble de doctrines ou positions purement idéologiques, et c'est par conséquent analyser le terrain sur lequel il se déploie et qui n'est autre que celui d'une lutte sociale et politique pour imposer sa domination. »

20 août 2020

GUÉRIR DU MAL DE L’INFINI

Yves-Marie Abraham, professeur de sociologie à HEC Montréal, entreprend une synthèse critique des théories de la croissance et de celles de la décroissance qui commencent à se diffuser sous différentes formes. Il débroussaille ainsi un chemin pour une transition depuis un monde organisé autour de l’entreprise vers un monde des communs, nous rapprochant de la liberté et de l’égalité promises. Outre des clés de compréhension, il offre des pistes de stratégie pour sortir d’un monde destructeur, injuste et aliénant.

19 juillet 2020

LA FABRIQUE DE L’OPINION PUBLIQUE - La Politique économique des médias américains

Disséquant le discours médiatique sur la politique américaine, Noam Chomsky et Edward S. Herman analysent le système d’information aux États-Unis. Des années d’études du fonctionnement des médias les ont convaincus que ceux-ci ont mobilisé l’opinion « au service des intérêts particuliers qui dominent l’État et l’activité privée ». Ils élaborent alors leur théorie du « modèle de propagande » et la valident par la lecture critique des élections au Salvador, au Guatemala et au Nicaragua, du complot contre le pape par la prétendue « filière bulgare » et enfin, des guerres d’Indochine.

17 mai 2020

LE SOCIALISME SAUVAGE

La démocratie directe prit forme en 1789, traversa les époques révolutionnaires, de la Commune de Paris aux soviets de la révolution russe et aux conseils dans l’Allemagne des années 1920, jusqu’aux mouvements de contestation de Mai 68, du 15M en Espagne, d’Occupy aux États-Unis et des Printemps arabes. Charles Reeve explore les courants spontanés, autonomes et émancipateurs des mouvements sociaux, rejetés par les chefs du socialisme orthodoxe qui les qualifiaient d’hérétiques, de sauvages, car ils leur échappaient. Convaincu que « le processus contradictoire de subversion du capitalisme ne peut se développer que dans et par l’organisation assumée collectivement de nouvelles formes de vie, de production et de consommation par les intéressés eux-mêmes », il suit le fil rouge, le fil rouge et noir du « socialisme sauvage ».

1 mars 2020

DIX QUESTIONS SUR L’ANARCHISME

Guillaume Davranche présente de façon extrêmement synthétique l’anarchisme, comme courant politique très structuré, porteur d’une alternative au capitalisme et d’une vision globale de transformation de la société, à partir de ses fondamentaux idéologiques, tout en se référant aux pratiques existantes.

20 décembre 2019

L’ENTRAIDE - Un Facteur de l’évolution

Kropotkine remet en cause, par ses nombreuses observations, la conception des darwinistes de la lutte acharnée pour les moyens d’existence, entre les animaux de la même espèce, comme principale caractéristique de la lutte pour la vie et principal facteur d’évolution. Bien au contraire, il a pu constater que l’entraide et l’appui mutuel sont pratiqués dans des proportions telles que la loi de l’aide réciproque pourrait être beaucoup plus déterminante dans la lutte pour la vie, comme l’avait d’ailleurs exprimé Darwin lui-même.

28 septembre 2019

CHRISTOPHE COLOMB ET AUTRES CANNIBALES

L’historien Jack D. Forbes livre ici l’un des premiers essais sur la colonisation européenne du continent américain, écrit par un Amérindien. Dans cette histoire critique de la destruction des cultures indigènes, il se penche sur « la maladie de l’agression envers les autres créatures, et plus précisément la maladie de l’absorption des forces vitales et des possessions des autres êtres vivants », pathologie à laquelle il donne le nom de psychose wétiko (cannibale). Il examine son origine, son épidémiologie, ses caractéristiques, et propose certains antidotes.

10 septembre 2019

UNE JUSTE COLÈRE - Interrompre la destruction du monde

En automne 2018, « une véritable irruption populaire a fait vaciller le pouvoir », en France. Depuis le Chiapas rebelle où il vit, Jérôme Baschet a observé le mouvement des Gilets jaunes comme annonciateur de nouvelles formes d’explosions sociales vouées à se multiplier, expression d’une « juste colère », pendant de la « digne rage » des zapatistes. Avec méthode, il cherche à encourager et à amplifier cette dynamique afin d’ « interrompre la destruction du monde ».

18 août 2019

ADIEUX AU CAPITALISME Autonomie, société du bien être et multiplicité des mondes


« Il n’y a pas d’alternative : telle est la conviction que les formes de domination actuelles sont parvenues à disséminer dans le corps social. » S’inscrivant dans le nouveau cycle de la critique sociale, amorcé à partir du milieu des années 1990, après les décennies du triomphe néolibéral, Jérôme Baschet propose de partir d’une critique émancipatrice du capitalisme et de son engrenage productiviste-destructif, pour affirmer un projet alternatif, enracinant sa réflexion dans le sol des expériences concrètes, « utopies réelles » mises en oeuvres actuellement à travers le monde. Il s’agit de « penser une organisation sociale capable de soumettre les nécessités productives au principe du « bien vivre » pour tous et aux décisions collectivement assumées qui en découlent ». Une digne colère gronde : la lutte contre le capitalisme est la lutte pour l’humanité.

14 juin 2019

CE CAUCHEMAR QUI N’EN FINIT PAS - Comment le néolibéralisme défait la démocratie

Se nourrissant des crises, la logique dominante accélère les processus économiques et sécuritaires, transformant en profondeur nos sociétés, les rapports entre gouvernés et gouvernants, et la « sortie de la démocratie ». Pierre Dardot et Christian Laval dénonce ici la radicalisation néolibérale qui étend et impose « la logique du capital à toutes les relations sociales jusqu’à en faire la forme même de nos vies », insécurise et discipline la population, désactive la démocratie et fragmente la société. Le ressentiment s’accumule, faute de réponse alternative crédible, et s’exprime par l’envie de « renverser la table », le retrait indifférent ou la xénophobie. « L’austérité en Europe mène à une catastrophe politique aujourd’hui parfaitement envisageable. La victoire du néo-fascisme est maintenant devenue une possibilité avec laquelle il faut compter. » Les autorités politiques, semblant n’avoir rien retenu de l’histoire, n’ont d’autres réponses que de fourbir l’arsenal juridique des tyrannies qui s’annoncent, accentuant toujours plus l’érosion de l’État de droit. Et la gauche critique se complait dans les incantations stériles.

9 mars 2019

LA POSSIBILITÉ DU FASCISME - France, la trajectoire du désastre

Le sociologue Ugo Palheta s’attache à discerner, dans l’actuelle décomposition du champ politique français, « la trajectoire d’un désastre possible » mais résistible, à condition que soit reconnu le danger à temps. La résurrection et le renforcement de l’extrême droite doivent être replacés dans le « processus historique de radicalisation – néolibérale, autoritaire et raciste – de la classe dirigeante française dans son ensemble » qui nourrit la progression de ce néo-fascisme. Il propose de construire un antifasciste qui ne se contente pas d’opposer au FN un « front républicain » avec des organisations impliquées dans la destruction des conquêtes sociales et démocratiques, dans la banalisation du racisme, mais d’engager « une rupture avec l’organisation capitaliste de la production, des échanges et de la vie ».