19 mars 2016

À DEMAIN GRAMSCI.


Cet opuscule est parfait pour une toute première approche de la pensée du philosophe italien Antonio Gramsci, fondateur du parti communiste d’Italie.
Victime des répressions fascistes, il fut emprisonné dès 1926 et écrivit, jusqu’à sa mort, 10 ans plus tard, des Cahiers de prison. Dans ces conditions particulières, paradoxalement libre de toute pression extérieure, notamment celles venant de Moscou et visant à contrôler les mouvements communistes dans le monde, il pu développer une réflexion personnelle.

Il définit la crise comme le moment où l’ancien monde meure mais où le nouveau ne peut pas encore naitre.

Il situe le combat politique sur le terrain du « sens commun », c’est-à-dire sur l’ensemble des idées et croyances admises sans examen critique par un peuple. Comment les gauches ont-elles renoncé à leur domination culturelle, abandonnant ce terrain à des droites décomplexées qui, sans avoir lu Gramsci, ont saisi et maitrisé ce mécanisme ?
Abandonner les idéologies, c’est réduire le combat politique à un combat électoral conçu comme une campagne marketing autour de valeurs. La vision du monde par l’imaginaire collectif induit l’acceptation des politiques économiques comme une évidente fatalité.
Gaël Brustier analyse sous cet angle les discours et de les actes de Hollande et Sarkozy, du Pape François, de Podemos et Syriza, du F.N. et de la Manif pour tous. Si certaines de ses allégations feront débat (ce qui est loin d’être inutile), sa tentative de réhabilitation n’est pas inintéressante.

« Comprendre Gramsci c’est comprendre la crise. Penser Gramsci c’est se donner les outils pour en sortir », conclut-il.

À DEMAIN GRAMSCI.
De Gaël Brustier
74 pages – 5 euros
Collection « Le poing sur la table » - Éditions du Cerf – Paris - octobre 2015

Présentation par l'auteur : 
https://www.youtube.com/watch?v=0dYbSbi15uU
 

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