
Des résistances
civiles ce sont organisées et développées mais elles collaborent au système qui
perpétue ses maux et agissent trop isolément. L’auteur préconise une politique
de civilisation qui réhumaniserait la vie quotidienne en solidarisant,
ressourçant, convivialisant et moralisant. Sa pensée est dense, précise et
complexe. Son discours critique s’intéresse au monde très concrètement et
présente le mérite de proposer des solutions qui, cependant, pèchent en
naïveté. Écrit il y a vingt ans, il supposait par exemple que la crise de la
vache folle entrainerait une prise de conscience et une réaction
auto-régulatrice. Avec les projets de fermes aux mille vaches, on sait que ce
n’est malheureusement pas si simple. De même l'accident de Tchernobyl, comme celui de Fukushima n'ont pas permis d'inverser la tendance.
Il envisage aussi un État
moins directif et au service des initiatives alternatives, suggère des
créations d’emplois dans les secteurs du développement durable et de l’économie
solidaire. Rien de bien nouveau, en somme.
Enfin, il croit
qu’un cercle vertueux entrainera une véritable métamorphose et table sur
l’espoir. Beaucoup de bon sens, certes, dans tout ceci mais Edgar Morin feint
d’ignorer la difficulté à réformer et l’inertie du système.
POUR UNE POLITIQUE DE CIVILISATION.
Edgar Morin
79 pages – 6 euros
Éditions Arléa – Paris
– mai 2002
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