31 mai 2016

ZAPATA, en temps de guerre.


Si les injustices sont moins criantes en Europe qu’au Mexique, elles existent : augmentation de l’écart entre les plus haut et les plus bas revenus, du nombre de chômeurs pour augmenter les profits du capital, du nombre de paradis fiscaux, des exonérations fiscales,…
Face à l’échec flagrant des institutions financières internationales créées pour réguler les crises, la résistance s’organise.
ATTAC s’est développée, utilisant l’éducation populaire comme instrument de subversion politique. Issue d’un éditorial du mensuel Le Monde Diplomatique, elle propose d’instaurer une taxe mondiale sur les transactions financières pour financer la lutte contre la pauvreté et les injustices. En France elle dénonce également ce qu’elle présente comme une vraie machine de guerre contre le salaire : privatiser les sommes colossales des systèmes de retraite et de la sécurité sociale …
Les fonds de pension ne changeront rien aux sommes nécessaire pour financer les retraites, n’est-ce pas ? Il s’agit donc bien de transférer ce budget colossal vers la spéculation.
Court terme et profits immédiats sont sur un bateau. Le bateau coule.

Philippe Squarzoni a participé à la création d’ATTAC-Lyon, il s’est rendu au Chiapas, en Croatie. Il livre le récit très intime de son engagement politique, avec ses doutes, la conscience des limites de son pouvoir, de sa bonne conscience acquise dans l’action qui affaiblit ses colères.

Si son dispositif graphique alternant portrait d’interviewés et voix off associé à des images souvent détournées, illustrant symboliquement le propos, peut sembler austère au premier abord, il est parfaitement approprié à sa démarche qui se veut pédagogique. Au cours de la longue séquence du chapitre 4, par exemple, qui réunit quelques uns des derniers présidents des Etats-Unis pour une improbable conversation d’un cynisme rare, il développe sa méthode en mettant en scène également les personnages de Stars Wars, Marylin, l’inspecteur Harry, Zorro, Peter Pan, James Dean, Spiderman et bien d’autres. Avec, comme toujours, énormément de références et d’arguments précis, il met à mal le mythe américain en trahison complète avec la réalité.

Entre révolte et sentiment d’impuissance, indignation et besoin d’agir, Philippe Squarzoni nous livre son journal intime dessiné, celui d’un homme qui refuse de se résigner, cherche à comprendre, s’informe, résiste et tente de trouver des solutions. Il propose aux lecteurs un arsenal d’arguments, nourris de ses lectures et de ses rencontres. Il ne s’agit pas d’avoir réponse à tout mais de susciter les bonnes questions.


Ce livre est le pendant de « Garduno, en temps de paix ». Il y a, au Mexique, un village dont le nom a été oublié par les cartes de voyage. Les paysans qui l'habitent disent qu'il
s'appelle Garduno, en temps de paix... et Zapata, en temps de guerre.

ZAPATA, en temps de guerre.
De Philippe Squarzoni.
178 pages – 15,95 euros
Éditions Delcourt – Paris – mai 2012
Initialement publié par les Éditions Les Requins marteaux – 2003

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