21 décembre 2019

LE GOUVERNEMENT DU PEUPLE - Plan de constitution pour la République universelle

John Oswald (1755/1760-1793), philosophe écossais, rejoint Paris dès les déclenchement de la Révolution française à laquelle il va participer activement. Il est l’auteur d’essais et d’articles qui ont rarement fait l’objet de réédition.
Selon lui, il ne peut y avoir de gouvernement juste si celui-ci n’est pas réduit à exécuter la volonté du peuple. Une nation qui ne s’assemble pas pour délibérer ne peut être considérée « en état de société ». Or les politiques réduisent la souveraineté de peuple au droit de voter pour se donner des maîtres, considérant qu’une nation ne peut délibérer que par l’organe de ses représentants. « J’avoue que je n’ai jamais pu réfléchir sur ce système de représentation sans m’étonner de la crédulité, je dirai presque de la stupidité avec laquelle l’esprit humain avale les absurdités les plus palpables. Si un homme proposait sérieusement que la nation pissât par procuration, on le traiterait de fou ; et cependant penser par procuration est une proposition que l’on entend, non seulement sans s’étonner, mais qu’on reçoit avec enthousiasme. » « En un mot, la représentation est le voile spécieux à l’ombre duquel se sont introduits tous les genres de despotisme, à l’ombre duquel se consommèrent toutes les fraudes politiques. »
En France, « les jongleurs de l’assemblée constituante » établirent « une parade de gouvernement au nom du peuple, qui n’y devait point participer », un gouvernement représentatif. Ils reconnurent la souveraineté du peuple sans difficulté, pourvu que son exercice leur fut confié. Au contraire John Oswald propose l’organisation d’assemblées primaires dans lesquelles le peuple délibère et décide. Il explique comment elles pourraient fonctionner ainsi que le gouvernement qui leur obéirait. Il répond aux principales objections courantes avant de conclure : « Espérons que dans les nouveaux progrès de la révolution la sagesse collective des hommes brisera enfin le joug de fer de la propriété, et rendra à nos enfants le bonheur de l’âge d’or, l’héritage commun de la terre, la communauté illimitée des jouissances ! »


La longue introduction d’Yves Blavier permet de découvrir cet écossais engagé dans la Révolution française qui a condamné le parlementarisme naissant et prôné la démocratie directe avec pour corollaire l’égalité économique. Ses engagements politiques audacieux, notamment contre la colonisation et les armées de métier, font de lui l’ancêtre des penseurs anti-autoritaires du XIXe siècle. « Certains individus traversent l’Histoire comme des météores. La société décide parfois de les oublier comme pour se protéger des frayeurs causées par leur oeuvre ou par leur destinée. John Oswald est de ceux-là. »




LE GOUVERNEMENT DU PEUPLE
Plan de constitution pour la République universelle
John Oswald
Introduction et notes d’Yves Blavier
130 pages – 75 francs
Éditions de la Passion – Paris – Juin 1996
Première édition en 1793 à l’imprimerie des Révolutions de Paris



Aucun commentaire:

Publier un commentaire