9 janvier 2026

ITINÉRAIRES DE NATALIE LE MEL

« Natalie Le Mel appartenait à ses femmes qui n'acceptaient pas leurs conditions de vie de femme, de travailleuse, d'ouvrière pauvre et exploitée. » Née à Brest en 1826, elle participera très activement à la Commune de Paris, avant d’être condamnée et déportée en Nouvelle Calédonie. Dominique Sureau revient sur le parcours de cette militante oubliée.

À 12 ans, elle arrête ses études pour devenir relieuse, se marie à 18, puis part à Quimper avec son premier mari pour gérer une librairie. Déclarés en faillite en 1861, ils s’installent à Paris où elle est embauchée dans un atelier de reliure industrielle. Après quelques grèves dans ce secteur, elle fonde, avec Eugène Varlin et d’autres, La Marmite, cantine ouvrière coopérative. Première femme adhérente à la première Internationale des travailleurs, elle milite également à l’Union des femmes pour la défense de Paris, pendant la Commune de Paris. Elle sera aussi sur les barricades, avant d’être arrêtée, jugée et transplantée. Au cours de son procès, elle déclare assumer l’entièreté de ses engagements, ce pour quoi elle est poursuivie. Après son retour en métropole, elle poursuivra la lutte sous différentes formes, notamment en soutenant les grèves des mineurs, tandis que disparaissent les un·es après les autres ses camarades. Elle terminera ses jours, oubliée, à Ivry, en 1921, alors que ses quatre enfants sont morts. 

L’auteur s’est appuyé sur les rares archives (actes d’état civil, procès-verbaux du procès,…), témoignages et articles de presse, pour tenter de dégager quelques certitudes dans des versions souvent contradictoires, en veillant à ne jamais extrapoler, romancer ni admettre pour vérités des hypothèses fragiles. Il brosse également et autant que possible les portraits sociologiques des villes et quartiers où elle a vécu, frappés par les famines, les abandons d’enfants, la déscolarisation, les épidémies, la prostitution,… , pour tenter de saisir, faute de témoignages directs, le contexte dans lequel elle a évolué. Il tente aussi d’identifier les influences qui ont pu contribuer à l’éveil de sa conscience politique, alors qu’elle a longtemps été « confrontée à l’imprégnation religieuse catholique » et à la misère. Avec ce travail rigoureux et sans doute exhaustif, Dominique Sureau comble l’oubli dont à souffert la mémoire de Natalie Le Mel, comme tant de femmes dans l’histoire.


Ernest London

Le bibliothécaire-armurier



ITINÉRAIRES DE NATALIE LE MEL

Femme parmi les femmes

Dominique Sureau

226 pages – 20 euros

Éditions du Petit pavé – Collection « Dans les pas » – Les Garennes-sur-Loire (49) – Novembre 2025

www.petitpave.fr/livre/itineraires-de-natalie-le-mel/



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire