« On m’a dit que Harriet Tubman était née esclave et qu’elle avait fuit ses maître juste avant la Guerre civile. Elle a rallié d'autres esclaves et, par les routes clandestines de l’Underground Railroad, elle a fait dix-neuf voyages du Sud au Nord… suivant toujours l'Étoile du Nord jusqu'à ce qu'elle parviennent avec les autres esclaves en fuite aux vastes champs de neige du Canada. C'était un parcours périlleux. Les propriétaires d'esclaves et leurs chiens étaient toujours sur leur piste. » Depuis qu’il a cinq ou six ans, Jacob Lawrence entend parler d’elle, par sa mère et les nombreux instituteurs et bibliothécaires de la communauté de Harlem où il grandit, comme il l’explique dans sa postface.
Son récit, vif et exalté, est très imprégné de motifs bibliques, choix absolument cohérent pour raconter la vie de celle qu’on appelait « la Moïse noire ». Et c’est bien vers la « Terre promise » qu’elle va conduire les esclaves.
« Harriet, Harriet,
Née pour être libre,
A mené les siens
À la liberté ! »
Ses tableaux utilisent une palette de couleurs simples, semblables pour l’ensemble de la série, créant ainsi un sentiment d’unité. Il travaille par aplats et ses scènes sont souvent très dynamiques.
Personnalité rarement évoquée en littérature jeunesse. Cette page de la contre-histoire des États-Unis méritait assurément d’être contée. Un album marquant.
Les éditions Ypsilon semblent à l’affut de pépites patrimoniales mondiales inédites en français et fort intéressantes. Nous tenterons d’explorer ce catalogue plus avant prochainement.
Ernest London
Le bibliothécaire-armurier
HARRIET ET LA TERRE PROMISE
Jacob Lawrence
Traduction d’Étienne Dobenesque
36 pages – 20 euros
Éditions Ypsilon – Collection « Ymagier » – Paris – Novembre 2017
ypsilonediteur.com/catalogue/harriet-et-la-terre-promise
Titre original : Harriet and the Promised Land, Windmill Books, 1968

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