
Son bagout gouailleur n’épargne personne. Sans idéaliser son propre rôle pour autant, puisque depuis le licenciement qui lui a fait « lâcher l’affaire », il n’a pas consacré son temps libre « à construire le phalanstère, l’asile, la structure alternative de [s]es voeux », il pointe les travers de l’époque, « celle du triomphe absolu du capitalisme », où la misère est « redevenue une indignité capitale ». Son constat est sans appel : « Je ne vais pas me fatiguer à essayer de démonter les rouages d’un système qui broie des hommes et en sous-paye d’autres pour maintenir les premiers dans une survie résignée.
De toute façon, seuls les imbéciles et les porcs peuvent encore croire à la pérennité d’un tel monde. » « Si la grande désocialisation et la toxicomanie sont bien des pathologies mentales, je trouve, moi, plutôt sain de refuser ce monde, fût-ce à en perdre la raison. La « normopathie », ce refus d’une singularité qui nous rattache pourtant à l’universel, me semble une affection bien plus grave et bien plus répandue. La sanctification du travail, la volonté de réinsérer des gens qui veulent ou ne peuvent pas bosser – alors que du boulot, y’en a et y’en aura de moins en moins et que, de toute façon, la plupart des activités salariales possibles participent à la destruction de la planète – sont des lubies aussi folles que vaines. »
LA PETITE MAISON DANS LA ZERMI
Chroniques d’un saisonnier de la misère
Suivi de TOX ACADEMY
Thierry Pelletier
114 pages – 10 euros.
Éditions Libertalia – Paris – Mars 2003
http://www.editionslibertalia.com/
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