27 février 2020

LE REVEIL SONNE : PREMIÈRE HUMILIATION DE LA JOURNÉE

144 citations, aphorismes, proverbes évoquant l’aliénation du travail, sont réunis ici comme autant de raisons d’abolir celui-ci.
Après avoir rappelé que travailler vient du latin tripalium qui était le nom donné à un instrument de torture, le « collecteur » entame son procès à charge. Ainsi, la mécanisation ne fut pas la libération qu’on annonçait. Comme haranguait ses frères jurés, le général Ludd : « Travailler, désormais, ce sera être deux fois asservi : à l’avarice démoniaque des patrons et au rythme satanique des machines. » Tandis que Karl Marx écrivait : « La facilité même du travail devient une torture, en ce sens que la machine ne délivre pas l’ouvrier du travail, mais dépouille le travail de son intérêt. » et ailleurs : « Il ne s’agit pas d’affranchir le travail mais de le supprimer. » (mais oui !).
Thoreau, Paul Lafargue et Marius Jacob bien sûr, mais aussi Vaneigem, Breton, Prévert, Cossery, Darien, Coluche et bien d’autres sont appelés à la barre. Si certains de ces extraits peuvent éveiller des envies de lecture on regrettera toutefois que ne figurent pas les références des oeuvres citées.
La chanson (Juliette, Claude François, etc) est aussi mise à contribution ainsi que la sagesse populaire, avec des proverbes afghan (« La nuit est destinée au sommeil, le jour au repos et l’âne au travail »), maya (« Le zèle a tué plus d’hommes que la paresse »), provençal (« Qui mange son patron cague de beaux étrons »).
L’effet d’accumulation ne manquera pas convaincre ou tout du moins d’inspirer bien des réflexions.
Et nous ne pouvons manquer l’occasion de laisser le dernier mot à Lahontan : « Crois-moi, mon cher frère, songe à te faire Huron, pour vivre longtemps. »


LE REVEIL SONNE : PREMIÈRE HUMILIATION DE LA JOURNÉE
144 raisons d’abolir le travail salarié
Préface de Max Morora
64 pages – 5 euros
Éditions L’Insomniaque – Montreuil – Mai 2015

www.insomniaqueediteur.com




Voir aussi :

LE DROIT À LA PARESSE

MANIFESTE DES CHÔMEURS HEUREUX

ÉLOGE DE L’OISIVETÉ

 

 

 

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