20 novembre 2016

LA PRÉSIDENTE tome 2 : TOTALITAIRE


Cette suite de « La Présidente », paru l’an passé, commence quelques semaines avant les élections présidentielles de 2022. Marine Le Pen risque de n’être pas réélue, et réfléchit à une stratégie adéquate.
Sans dévoiler l’histoire riche en rebondissements, nous pouvons indiquer que les auteurs s’attachent, cette fois, à montrer les mécanismes d’une dérive totalitaire.

Autant le premier volume présentait d’indéniables vertus pédagogiques en écho avec une actualité inquiétante, projetant les conséquences d’une stricte application du programme du Front National pour en observer les conséquences, autant celui-ci, situé dans un temps plus éloigné et reposant sur des hypothèses plus nombreuses, comme l’apparition d’un candidat du parti de la Fraternité, surgit de nulle part, ou le suicide d’un conseiller de l’Élysée, paraît plus déconnecté, moins immédiatement plausible. La frontière entre fiction et réalité, semble moins poreuse, l’aspect « prémonitoire » nettement moins percutant, même si le propos n’en demeure pas moins intéressant. Le lecteur entendra certainement moins le cri d’alerte mais lira une série de spéculations sur un avenir encore lointain.
Pourtant, l’énumération des mesures législatives relatives à la sécurité intérieure, déjà votées sous les gouvernements de François Hollande et de Nicolas Sarkozy notamment, s’attache à démontrer les risques de leur utilisation à des fins despotiques. Ce danger d’une utilisation de lois existantes par des élus mal intentionnés ne serait-il pas mieux mis en avant sans cette insertion systématique de pavés juridiques, interrompant la fluidité de la narration ? Trop de précipitation à vouloir faire paraître cette bande dessinée maintenant, n’aura-t-elle pas gêné son aboutissement ?
 


LA PRÉSIDENTE tome 2 : TOTALITAIRE
François Durpaire et Farid Boudjellal.
140 pages – 20 euros
Éditions des Arènes – Paris – octobre 2016.



Voir aussi :

LA PRÉSIDENTE - Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas


François Durpaire et Farid Boudjellal.

 

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