Gaspard, en famille à la campagne, assiste à la découpe d’un cochon. Profondément troublé – et aussi un peu pour plaire à Lulla qui vient justement de devenir végétarienne – il propose de rendre leur liberté à tous les animaux de la ferme, avant de s’occuper de ceux des abattoirs.
Toutefois, très vite, « le doute s'insinue en lui. À sa connaissance, la vache sauvage n'existe pas… Une vache toute seule dans la nature, qu'est-ce qu'elle fait ? » Le questionnement, qui démarre sur une bonne intention, plonge rapidement dans la complexité.
Avec beaucoup de naturel et à hauteur d’enfants, Valérie Dayre déploie les questions de l’élevage et de l’alimentation d’origine animale. Son propos n’est pas moralisateur, mais prend en compte leur empathie parfaitement compréhensible, sans accabler pour autant celles et ceux qui transforment le cochon en porc, la vache en bœuf, les bêtes à plumes en volailles, puisqu’insidieusement « on change les mots pour oublier qui on mange ».
La scène d’introduction est férocement ambigüe puisque l’auteur décrit une scène de meurtre sans préciser de quelle espèce est le cadavre. Dans l’édition précédente, à L’École des loisirs, des illustrations levaient immédiatement tout malentendu. Celui-ci est maintenu durant quelques pages avec cette nouvelle édition non-illustrée, ce qui restitue toute son efficacité au texte.
Un roman très malin qui invite à la réflexion plutôt que d’asséner des slogans à la mode.
Ernest London
Le bibliothécaire-armurier
SAMEDI, GASPARD FAIT L’ANDOUILLE
Valérie Dayre
84 pages – 11 euros
Éditions L’atelier du poisson soluble – Le Puy-en-Velay – Août 2026
www.poissonsoluble.com/catalogue/
À partir de 8 ans ?

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