18 décembre 2020

VICTOR JARA

Vie et mort de Victor Jara, depuis son enfance paysanne dans le village de Lonquén, jusqu’à son exécution par l’armée putschiste dans un stade de Santiago qui porte aujourd’hui son nom.
Il rencontra très jeune la guitare et divers pratiquants qui l’initièrent. Sa curiosité le poussa tôt vers les musiques populaires qu’il entreprit de recueillir et d’étudier, en parcourant le pays. Il est admis à l’école de théâtre de l’université puis entame, avec de rapides succès, une carrière de metteur en scène, sans toutefois abandonner son instrument et commence à se produire et à enregistrer avec des groupes folkloriques. « Je crois que d’une certaine manière la chanson a déjà pris plus d’importance dans ma vie que le théâtre. Impossible de rester de marbre avec tout ce qu’il se passe? Je vois aussi que l’amour, la vraie liberté, les hommes et les femmes peuvent faire pour tout cela. J’ai besoin du bois et des cordes d’une guitare pour donner libre cours à la joie et à la tristesse. Il y a trop d’injustice sociale, d’indifférence et de censure », explique-t’il.
Toute son existence est ainsi retracée, jusqu’à ses premiers engagements politiques et les différentes campagnes d’Allende qui avivent les tensions. Ses chansons qui évoquent la place de la religion lui attirent censure et menaces. Les conservateurs et les fascistes, agacés par sa popularité, le surveillent et n’hésitent pas à l’agresser. La naissance de ses convictions et leur affirmation sont exposées, avec beaucoup d’intelligence et de subtilité, toujours en lien avec ses rencontres : « Je crois qu’un artiste, s’il est un authentique créateur, est un homme aussi dangereux qu’un guérillero, parce que son pouvoir de communication est énorme. Mais je ne sais pas si ça suffira. »

Ce récit est régulièrement entrecoupé de scènes qui retracent les journées de septembre 1971, le coup d’État, l’arrestation de Victor Jara avec les occupants de l’université et sa mise à mort. Une alternance de couleur chaudes et froides marquent ces différentes temporalité et rend la lecture limpide. La tension dramatique est installée d’emblée, si bien que le lecteur ne peut jamais oublier l’issue tragique. Excellente biographie en bande dessinée, pour découvrir la personnalité d’un homme qui su exprimer les sentiments populaires et dont la mémoire demeure toujours bien vivante au Chili.


VICTOR JARA
La voix du peuple
Maxence Emery et Joséphine Onteniente
170 pages – 23 euros
Éditions Des ronds dans l’O – Vincennes – Septembre 2020

www.desrondsdanslo.com/VictorJara.html
Publié en partenariat avec Amnesty international



Voir aussi :

LES ANNÉES ALLENDE

VAINCUS MAIS VIVANTS

PEINTURES DE GUERRE

CARYL FÉREY : LE BRAS VENGEUR, ARMÉ DE LA PLUME DU ROMANCIER, AU SERVICE DES VICTIMES DE L’HISTOIRE.

 

 

Aucun commentaire:

Publier un commentaire