20 mai 2021

L’OISELIER

À la fin des années 1970, la Suisse est confrontée à un mouvement séparatiste dans le Jura. Alors que le gouvernement helvétique cherche un compromis et un apaisement avec la création d’un nouveau canton, des cadavres viennent compromettre ce processus et troubler davantage le calme proverbial attaché à l’image du pays. Daniel de Roulet ouvre l’enquête en mettant en scène Niklaus Meienberg, célèbre journaliste de l’époque, dans ce roman qui montre comment « en Suisse l'ordre social se maintient moins par la violence nue que par le secret. »

ET SI JE SUIS DÉSESPÉRÉ QUE VOULEZ-VOUS QUE J’Y FASSE ?

Dans cet entretien réalisé en 1977 par Mathias Greffrath, Günther Anders revient sur sa vie, ses influences et les principaux thèmes qui parcourent son oeuvre.

19 mai 2021

JETÉS AUX TÉNÈBRES

Étienne Delandre, communard déporté en Nouvelle-Calédonie, raconte son exil : l’administration pénitentiaire et la société coloniale, ses compagnons de lutte, comme lui « envoyés expier de l’autre côté de la Terre leur désir d’une société plus juste », leur dénuement dans cette prison à ciel ouvert.

18 mai 2021

LE SABOTAGE

« Dès qu’un homme a eu la criminelle ingéniosité de tirer profit du travail de son semblable, de ce jour, l’exploité a, d’instinct, cherché à donner moins que n’exigeait son patron. » Émile Pouget (1860-1931), journaliste, rédacteur en chef du Père Peinard, principal artisan de l’évolution d’une partie du mouvement anarchiste français vers le “grève-généralisme“ et le mouvement syndical, notamment le syndicalisme révolutionnaire, a consigné dans cette brochure sa défense du sabotage, comme outil puissant au service des travailleurs.

17 mai 2021

LE CANARD FERMIER

« Il était une fois un canard qui avait la malchance de vivre avec un fermier terriblement paresseux…
Le canard faisait le travail. Le fermier restait au lit tout le jour.
 »
Émus par la détresse de leur ami, les autres animaux de la ferme « tinrent conseillent au clair de lune et dressèrent des plans pour le lendemain. »

LA POLICE DE VICHY

Maurice Rajsfus, grâce aux archives auxquelles il lui a été permis d’accéder, et à de nombreux témoignages, montre comment les différents services de police et de gendarmerie ont collaboré avec la Gestapo, allant bien souvent au-delà des ordres de Vichy pour satisfaire les autorités allemandes. « Les policiers français ont été fidèles à la consigne de l'occupant nazi, de juin 1940 à août 1944. C'est là un fait que nul ne peut sérieusement nier. »

11 mai 2021

SILENT BLOCKS

Les photographies de Myr Muratet montrent un Paris rendu soudain silencieux par le confinement total de la population au printemps 2020, que seul vient troubler le bruit des bottes d’un dispositif policier chargé de le faire respecter. Le journaliste scientifique canadien David Cayley, nourri à la pensée d’Ivan Illich, s’interroge sur la gestion de la pandémie par les États occidentaux, cherchant à comprendre comment les mesures préventives, fondement de nos sociétés, peuvent être à l’origine des états de crise.

10 mai 2021

ESSAI SUR LE DON - Forme et raison de l’échange dans les sociétés archaïques

« Quelle est la règle de droit et d’intérêt qui, dans les sociétés de type arriéré ou archaïque, fait que le présent reçu est obligatoirement rendu ? Quelle force y a-t-il dans la chose qu'on donne qui fait que le donataire la rend ? » Considéré comme le fondateur de l’anthropologie française, Marcel Mauss (1872-1950) étudie, dans les aires polynésienne, mélanésienne et du Nord-Ouest américain, ce qu’il nomme un « système de prestations totales » : des collectivités, personnes morales, clans, tribus familles, s’obligent mutuellement, échangent des biens et des richesses, des meubles et des immeubles, mais aussi des politesses, des festins, des rites, des services militaires, des femmes et des enfants, des danses, des fêtes et des foires, et contractent. « Ces prestations et contre-prestations s'engagent sous une forme plutôt volontaire, par des présents, des cadeaux, bien qu'elles soient au fond rigoureusement obligatoires, à peine de guerre privée ou publique. »

5 mai 2021

JOIE MILITANTE - Construire des luttes en prise avec leurs mondes

Si la lutte peut être source de joie, comme « aventure collective à l’issue incertaine », « accroissement soudain du pouvoir partagé », « ouverture phénoménale des possibles », « sentiment profond de prendre part au monde comme jamais », l’incapacité à trouver des façons d’avancer peut aussi susciter rage, déception et frustration, comme l’explique Juliette Rousseau, la traductrice et l’éditrice de ce livre, dans sa préface. Nick Montgomery et carla bergman traquent ce qu’ils nomment le « radicalisme rigide » : « la fabrication infinie d’impératifs et de devoirs, la culpabilité lorsque l'on ressent de la peur et de la solitude, l'affrontement des point de vue politiques qui requiert un.e gagnant.e et un.e perdant.e, etc. » Ils l’analysent, le définissent, tentent de lui opposer une critique pour affirmer et défendre la multiplicité de façons d’être autrement.

30 avril 2021

PRISON N°5

Zehra Doḡan, journaliste et artiste kurde est condamnée à 2 ans, 9 mois et 22 jours de prison pour « propagande terroriste »… après avoir dessiné la destruction de la ville de Nusaybin ! Elle réussit à faire sortir de prison les planches qu’elle réalise au quotidien et qui témoignent de la vie dans les geôles turques : « C’est eux qui ont détruit et brûlé les villes. Moi, je n’ai fait que le dépeindre. »

27 avril 2021

LES MONSTRES

Pendant la fête d’Halloween, un enfant déguisé s’égare et, suivant un groupe de « vrais » monstre, se retrouve à une « soirée terrifiante ». Rapidement démasqué, sorcières et vampires, fantômes, ogres et squelettes organisent sur le champ son procès, l’accusant d’être un… humain !

26 avril 2021

UN PEU BEAUCOUP

« C’est fragile un arbre, il faut en prendre bien soin. » Cet écureuil l’a bien compris : il lui parle et parfois l’arbre lui donne une de ses pommes de pin.

LA SEMAINE SANGLANTE

Du 21 au 28 mai 1871, le gouvernement versaillais met fin à la Commune de Paris, en menant une guerre meurtrière et massacrant sans distinction et souvent sans jugement. Michèle Audin, interrogeant les archives des cimetières de Paris mais aussi de la banlieue, de l’armée, de la police, des pompes funèbres, recherchant dans la presse les mentions des charniers sous les pavés, exhumés jusqu’en 1920, des corps brûlés dans les casemates des fortifications, de ceux repêchés dans la Seine, propose un décompte des victimes de cette « Semaine sanglante ». Son estimation est supérieure à celles de Maxime du Camp, historien versaillais, et de Camille Pelletan, journaliste radical qui n’a pas eu accès à tous les services. Comme écrivait ce dernier : « Il ne s'agit pas de se jeter des crimes et des cadavres à la tête, mais de considérer ces êtres humains avec respect, de ne pas les laisser disparaître encore une fois. »

22 avril 2021

POUR L’INTERSECTIONNALITÉ

Qu’est-ce que l’intersectionnalité ? Pourquoi cette notion, élaborée il y a plus de trente ans, suscite-elle autant de discours déformants et d’instrumentalisations politiques en France ? Les sociologues Éléonore Lépinard et Sarah Mazouz proposent de comprendre de quoi on parle.

21 avril 2021

AU LOIN LE CIEL DU SUD

Déambulation sur les traces parisiennes de celui qui n’était pas encore Hô Chi Minh. Les indications dénichées sous la plume de différents biographes et historiens, dans la chemise toilée à sangle, conservée aux Archives nationales d’outre-mer à Aix-en-Provence, et dans les rapports de surveillance du militant anticolonialiste, conduisent Joseph Andras d’arrondissement en arrondissement. À la reconstitution approximative de ce parcours, il mêle ses souvenirs, récents ou anciens, personnels, littéraires ou historiques : des barricades de la Commune à celles des Gilets jaunes.

20 avril 2021

FONTAINES - Histoire de l’éjaculation féminine de la Chine ancienne à nos jours

Retraçant l'histoire de l'éjaculation féminine, Stephanie Haerdle montre comment celle-ci, pourtant admise et même parfois révérée de la Chine ancienne à l’Inde, a été niée, refoulée, tabouisée en Europe à partir de la fin du XIXe siècle. Cette histoire est aussi celle de la femme et de son plaisir, celle du corps féminin, de sa célébration ou de sa dévalorisation, car la médecine et l’anatomie, longtemps aux mains des hommes, ont été modelées selon des perspectives, des attentes et besoins masculins.

18 avril 2021

LE CHOIX DE LA GUERRE CIVILE

Dès ses origines, le néolibéralisme a fait le choix de « la guerre civile contre l'égalité au nom de la “liberté“ » en vue de réaliser le projet d’une pure société de marché, prenant des formes diverses, selon les circonstances, pour écraser ses ennemis : se dotant des moyens de la coercition militaire et policière ou se confondant avec l’exercice du pouvoir gouvernemental et se menant par le droit et la loi. « Relire le néolibéralisme sous l'angle de la rationalité stratégique et de la violence qui lui est intrinsèque, c'est remettre en question son interprétation théorique comme ensemble de doctrines ou positions purement idéologiques, et c'est par conséquent analyser le terrain sur lequel il se déploie et qui n'est autre que celui d'une lutte sociale et politique pour imposer sa domination. »

17 avril 2021

LE DERNIER BAL

« Une énorme pancarte confirme les rumeurs circulant depuis quelques temps : la guinguette va être démolie pour faire place à un supermarché. Et l’étang, asséché et goudronné pour faire un parking. » Alors, les habitants de ce petit coin de forêt organisent un dernier bal pour discuter en toute discrétion de la meilleure stratégie à adopter pour « empêcher ce désastre ».

14 avril 2021

AINSI NOUS LEUR FAISONS LA GUERRE

La vivisection publique d’un chien à Londres au tout début du XXème siècle, l’enlèvement d’un bébé singe rendu aveugle dans un laboratoire de recherche californien en 1985, l’escapade d’une vache et de son veau, échappés d’une bétaillère, sur la rocade de Charleville-Mézières en 2014. Avec ces trois récits, Joseph Andras interroge l’ambiguïté de nos relations avec le vivant, sous l’égide du progrès.

9 avril 2021

MAY LA RÉFRACTAIRE

Née en 1898, morte en 1983, May Piqueray a traversé le XXème siècle animée par la révolte. Refusant de serrer la main de Trotski ou fabriquant des faux papiers jusque dans les bureaux des autorités de Vichy, côtoyant Makhno, Emma Goldman, Marius Jacob, elle ne cessera de lutter, réfractaire à toutes les injustices. Autobiographie d’une anarchiste, judicieusement rééditée par les éditions Libertalia.

31 mars 2021

LA VIOLENCE : OUI OU NON

En 1987, parait un entretien de Günther Anders avec Manfred Bissinger, dans lequel il reconnaît que, suite à l’accident de Tchernobyl, et bien que vu comme un pacifiste, il en est arrivé à « la conviction qu’on ne peut plus rien atteindre avec la non-violence ». « Nous sommes donc dans un “état d’urgence“. Tous les livres de droit, même ceux de droit canonique, non seulement autorisent la violence mais l'encouragent face à état d’urgence. »

26 mars 2021

LA FERME DES ANIMAUX (nouvelle traduction)

À la Ferme du manoir, la révolte gronde parmi les animaux depuis que le vieux Major – un verrat de race Middle White, primé dans de nombreux concours agricoles – a fait le rêve singulier « de la Terre telle qu'elle sera quand l'homme aura disparu ».

25 mars 2021

JOSEP

Parqué dans un camp de concentration comme 500 000 antifranquistes fuyant l’Espagne après la chute de Barcelone en février 1939, Josep Bartoli (1910-1995), dessinateur et combattant républicain croque, avec les moyens du bord, ses compagnons de détention.

24 mars 2021

UN BESTIAIRE DE BOUQUINISTES

Truculente ethnographie des bouquinistes new-yorkais par l’un de ses membres. Aaron Cometbus, auteur, éditeur de fanzines et marchand de livres d’occasion, rassemble ses souvenirs sur un milieu qui a ses « propres lois ».

23 mars 2021

ÉCOLOGICA

Par la « critique du modèle de consommation opulent », André Gorz (1923-2007) est devenu écologiste dans les années 1950. La critique du capitalisme l’a conduit à l’écologie politique, par le biais de la théorie des besoins et sur la base d’une exigence éthique d’émancipation du sujet. Sont ici réunis sept textes et articles parus entre 1975 et 2007.

17 mars 2021

JOURNALISME

Fort d’un parcours atypique, Olivier Villepreux interroge la notion de journalisme, alors que les principaux médias appartiennent à des groupes financiers ou industriels, que l’information défile en continu sur nos écrans et que le « droit d’informer » s'est élargi aux non-professionnels, lesquels s'imposent pas nécessairement de respecter certain nombre de préalables éthiques avant de livrer une nouvelle.

16 mars 2021

SCARLETT ET NOVAK

Dans une société hyperconnectée, Novak se fait dérober son brightphone. « Il se sent comme un môme débile qui ne sait plus le nord du sud, si le fleuve est à gauche de l'avenue Sony, si la place Zuckerberg est avant ou après le square Bill Gates. Il est à l’aise sur une carte, pas sur un territoire. »

15 mars 2021

LA RÉPUBLIQUE DU MÉPRIS

La classe politique française, le microcosme intellectuel et les grands médias, au travers de « débats » mal posés et d'un usage particulièrement retors de principes incontestables (le féminisme, la laïcité, le devoir de mémoire, la liberté d'expression, le droit au blasphème et à la critique des religions…) construisent un bouc émissaire : le jeune issu de l'immigration postcoloniale et de culture musulmane. Pierre Tevanian, professeur de philosophie et coanimateur du collectif « Les mots sont importants » (lmsi.net/), raconte comment ces principe sont devenus les « métaphores d'un racisme qui ne dit pas son nom ». « À ceux, encore nombreux, qui se scandalisent de voir accolés ces termes à leurs yeux antinomiques que sont la République et le mépris ou le racisme, on ne peut qu’opposer les faits. La compatibilité entre le racisme et la République n'a pas à être démontrée : Elle est constatable empiriquement. »

10 mars 2021

DE LA DÉMOCRATIE EN PANDÉMIE

« Covid-19 is not a pandemic » affirme le rédacteur en chef de la revue scientifique The Lancet, mais une « syndémie », « une maladie causée par les inégalités sociales et par la crise écologique entendue au sens large ». Nous ne pourrons donc que tenter de « bloquer la circulation » du virus, si nous continuons à traiter celui-ci comme un événement biologique, sans changer de modèle économique, social et politique, et les accidents sanitaires se multiplieront. Les pouvoirs publics, en effet, ignorent délibérément les causes environnementales et nous préparent à nous adapter à un monde nouveau dans lequel nous serons régulièrement masqués, confinés et survaccinés jusqu’à la fin des temps. Ils ont choisi la répression des citoyens plutôt que leur éducation et de nombreux experts ont cautionné « l’édification d’un monde binaire opposant les “populistes“, accusés de nier le virus, et les “progressistes“, soucieux “quoi qu'il en coûte“ de la vie et de la santé ».

9 mars 2021

AU NOM DE LA BOMBE - Histoires secrètes des essais nucléaires français

La France a fait exploser 210 bombes atomiques, entre 1960 et 1996, en Algérie et en Polynésie. Les 150 000 personnes qui ont participé à ces essais, appelés et engagés, envoyés manoeuvrer sur les sites des explosions pour « étudier les effets physiologiques et psychologiques produits sur l’homme par l’arme atomique », personnels civils attirés par la double paye et habitants de Polynésie maintenus dans l’ignorance des risques encourus, témoignent des retombées sanitaires scrupuleusement occultées par la « grande muette ».

7 mars 2021

IMPOSSIBLE

Sur un sentier escarpé des Dolomites, un homme chute. Derrière lui, un autre homme donne l’alerte. Camarades de lutte quarante ans plus tôt, leur rencontre paraît improbable, la coïncidence impossible, pour le magistrat chargé de l’enquête. D’autant qu’à l’époque, le premier avait livré le second à la police. Erri De Luca restitue la série d’interrogatoires qui, échappant au simple contexte factuel et dérapant souvent en véritables dialogues philosophiques, explorent la mémoire de la « génération la plus poursuivie en justice de l’histoire italienne ».

5 mars 2021

QU’EST-CE QUE L’ÉTAT ?

« Lorsque s'invente et s’établit une idée comme celle d’État, qui réussit à confondre avec le plus grand succès les notions contraires de “peuple“ et de “Gouvernement“, il se constitue ainsi l'arme la plus puissante (qui est, comme on le voit, la plus métaphysique) pour enfermer le peuple dans la confusion et l'identification avec son Gouvernement et pour empêcher n'importe quel sentiment clair d'opposition et n'importe quelle intention d'en secouer le joug. » Agustín García Calvo (1926-2012), philologue et poète espagnol, convoque l’idée « État », « idée mensongère et réelle », pour en explorer les contradictions, les ambiguïtés dissimulées.

3 mars 2021

LES ANARCHISTES RUSSES

Paul Avrich (1931-2006), professeur d’histoire au Queen’s College de New York, raconte l’histoire du mouvement anarchiste russe depuis son apparition dans la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’à son anéantissement après la révolution d’octobre. « Ceux qui ne voient l'histoire que par les yeux des vainqueurs ont longtemps ignoré l'importance des anarchistes russes. »

25 février 2021

LA POUDRIÈRE

Les journalistes Jean-Michel Décugis, Pauline Guéna et Marc Leplongeon ont enquêté sur les identitaires, les ultras-nationalistes, les survivalistes, les révisionnistes, les antisémites et les racistes, les royalistes, les néonazis, les néofascistes, les skins, les catholiques intégristes, tous ces groupuscules et micro-partis qui gravitent autour du Rassemblement national, rencontrant quelques figures influentes, visitant des lieux emblématiques. À l’aide d’informations extrêmement précises, obtenues auprès de leurs informateurs dans les services de renseignement, ils brossent un panorama de cette « ultra-droite » xénophobe, nationaliste et violente, obsédée par le « grand remplacement » et prête à passer à l’action.

23 février 2021

BASCULEMENTS - Mondes émergents, possibles désirables

Dénonçant la notion d’effondrement, qui dépolitise les enjeux en postulant une trajectoire unique et comme jouée d’avance, Jérôme Baschet, enseignant à l’Universidad Autonoma de Chiapas, à San Cristobal de Las Casas, propose celle de « basculements » qui fait place, au contraire, à l’imprévisibilité croissante de notre temps et au rôle central de la mobilisation politique. Alors qu’ « un microscopique fragment de l’à peine-vivant » a provoqué « la paralysie d'une machinerie aussi ample et ramifiée que l'économie mondiale », supposant la reproduction d’autres crises systémiques du capitalisme, il esquisse plusieurs scénarios, dont celui d'une ouverture des possibles qui nous engagerait vers des manières de vivre échappant aux logiques du système-monde capitaliste.

19 février 2021

FAHRENHEIT 451

Classique s’il en est, qui ne pouvait manquer de figurer sur ce blog puisqu’il lui emprunte son titre, ce roman, paru en 1953, évoque une société dans laquelle les corps sont rivés devant les « murs-écrans » et les pompiers chargés de détruire par le feu les livres désormais interdits.

17 février 2021

LA FABRIQUE DES PANDÉMIES - Préserver la biodiversité, un impératif pour la santé planétaire

Depuis une vingtaine d’années, des centaines de chercheurs préviennent qu’en précipitant l’effondrement de la biodiversité, les activités humaines ont créé les conditions d’une « épidémie de pandémie ». Puisque la destruction des écosystèmes par la déforestation, l’urbanisation, l’agriculture industrielle et la globalisation économique, est à l’origine des zoonoses, maladies émergentes transmises aux humains par des animaux, y renoncer s’avèrera plus efficace que de poursuivre une vaine course aux vaccins ou de confiner chroniquement les populations. Marie-Monique Robin a interrogé soixante-deux chercheurs du monde entier pour réaliser cette enquête.

12 février 2021

SUR UN AIR DE FADO - Une histoire portugaise

Lisbonne. Été 1968. Fernando Pais, médecin établi, ferme les yeux sur la réalité quotidienne de la dictature pour goûter à la douceur de vivre. Comme l’illustre la couverture, il déambule devant le décor d’une ville omniprésente, ignorant les ombres menaçante qui ne font que l’effleurer. S’il a définitivement rompu avec les fréquentions de sa jeunesse militante, dont on découvrira peu à peu les détails, ce passé refait surface et surtout ne s’efface pas. La rencontre fortuite avec João, un enfant espiègle et révolté dont il prend la défense contre un agent en faction devant le siège de la PIDE, la police politique, où il est venu visiter un patient, va soudain le sortir de son indifférence et de son confort, le confronter à tout ce qu’il fuit, le contraindre à prendre parti.